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​Cette rubrique regroupe des textes, articles, travaux de recherche... rédigés par des personnes impliquées dans l'accueil familial, social ou thérapeutique, en France ou ailleurs.

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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

 1 

J. JUNG, 

Psychologue clinicien, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

Dr T. ROCHET, 

Médecin chef, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

C. PETAVY, 

Assistante sociale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

N. POURCEL, 

Assistante sociale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

S. MOUTARDE, 

Secrétaire médicale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

« Vers une spécificité de l’indication 

d’Accueil Familial Thérapeutique » 

Initialement pensé comme une alternative à l’hospitalisation, L’AFT s’est 

progressivement développé ces dernières années au point qu’aujourd’hui, 

l’expérience acquise en ce domaine permet d’envisager les indications d’une façon 

plus précise. 

Après une présentation du dispositif d’accueil familial thérapeutique pour 

enfants et adolescents (RAFT) créé il y a 8 ans en pédo-psychiatrie, nous 

chercherons à dégager les enjeux posés par l’indication en AFT, à partir des 

attentes multiples, des parents comme des services de soin, concernant cette 

modalité de soin. 

Ainsi, nous interrogerons, au-delà des aspects éducatifs, la place qu’occupe 

cette modalité d’accueil dans le dispositif de soin ainsi que les conditions d’un 

Accueil Familial « thérapeutique ». 

Enfin, en nous appuyant sur les questions posées par ce type de prise en 

charge, nous préciserons ce qui, aujourd’hui, nous paraît répondre,  de façon 

spécifique et pertinente, à une indication « positive » d’AFT en pédopsychiatrie. 

Deux exemples de situations d’accueil viendront étayer notre réflexion. 

1- Présentation du RAFT (Relais Accueil Familial Thérapeutique)  

2- Pluralité des indications d’AFT 

- Situation de Célestine 

- Situation de Luc 

3- Vers une spécificité de l’indication d’AFT 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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1 – PRESENTATION DU RAFT : 

Le Relais Accueil Familial Thérapeutique ou RAFT est une structure 

intersectorielle (pédopsychiatrie), qui dépend de l’hôpital du Vinatier, situé à 

Lyon. Ce service a été créé il y a maintenant presque huit ans pour répondre à 

deux objectifs principaux : 

 1 – Poursuivre et développer des modalités de prise en charge alternatives 

à l’hospitalisation. 

 2- D’autre part, regrouper au sein d’une même unité les moyens mis à 

disposition mais pas toujours utilisés (2 places tps plein par secteur) de chaque 

secteur, afin d’organiser un dispositif d’accueil familial thérapeutique autonome 

permettant le recrutement, le suivi et la formation des assistantes familiales, 

ainsi que la mise en place effective des accueils. 

 Ce projet s’est développé avec la mise en place d’une équipe 

pluridisciplinaire à temps partiel, composée d’un médecin chef, d’une secrétaire 

médicale, de deux assistantes sociales, d’un psychologue et d’un groupe 

d’assistantes familiales aujourd’hui au nombre de 8 pour 20 enfants accueillis. 

Le RAFT s’adresse à des enfants et des adolescents de 0 à 18 ans suivis au 

sein d’une structure de soin dépendant de l’hôpital du Vinatier (CMP, HDJ, 

CATTP). 

Les demandes d’Accueil Familial Thérapeutique (AFT) nous sont adressées par 

les équipes de soin où sont suivis les enfants. L’AFT s’inscrit de ce point de vue 

comme un complément à un soin déjà engagé sur le pôle de pédo-psychiatrie, 

lequel se poursuit pendant au moins toute la durée de l’accueil. L’AFT constitue 

en ce sens une indication médicale posée par le médecin référent au même titre 

qu’une prise en charge thérapeutique ambulatoire ou institutionnelle en centre de 

jour, CATTP ou  CMP.  

On verra que le dispositif relativement nouveau et atypique que propose le 

RAFT, au regard des autres modalités de soin en pédopsychiatrie, n’est pas sans 

causer des tensions institutionnelles au sein de l’hôpital quant à la façon 

d’organiser et de penser le soin à différents niveaux et en réseau, en 

bouleversant parfois les pratiques institutionnelles traditionnelles.  

Cette question en soulève une autre, à savoir quel est le statut de l’AFT au 

sein du dispositif de soin en pédopsychiatrie. S’agit-il d’un soin à part entière ? 

Doit-on considérer les assistants familiaux comme des soignants ? D’autre part, 

qu’est-ce qui fait que cet accueil est thérapeutique ? 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Chaque demande adressée au RAFT est étudiée et fait l’objet d’une première 

rencontre avec l’équipe soignante pour présenter la situation de l’enfant. 

L’indication d’AFT n’étant pas une fin en soi, la demande est évaluée et reliée à 

un projet à plus long terme comme par exemple une orientation dans un 

établissement spécialisé type IME. Le temps, la fréquence d’accueil ainsi que 

l’intérêt d’envisager des nuits ou des repas sont abordés lors de cette première 

rencontre. Une attention particulière est portée sur l’adhésion de la famille au 

projet d’accueil, condition indispensable à sa mise en place. Ce temps est 

l’occasion pour l’équipe du RAFT de confirmer ou non l’indication et de 

commencer à penser au profil d’une assistante familiale. 

Une seconde rencontre est organisée en présence de l’assistante familiale 

pressentie, de l’équipe soignante demandeuse et d’une partie de l’équipe du RAFT. 

Cette rencontre est destinée à présenter l’enfant dans son environnement, le 

dispositif de soin dans lequel il s’inscrit et à répondre aux questions de 

l’assistante familiale. 

Enfin, une dernière rencontre a lieu cette fois-ci sur le lieu de soin en 

présence des parents, de l’enfant, de l’équipe soignante, de l’assistante familiale 

et d’une assistante sociale du RAFT. Cette rencontre a pour objectif de finaliser 

le projet d’accueil et débouche sur la rédaction d’un contrat d’accueil signé par 

toutes les parties (C’est le moment où sont notamment abordés les aspects 

pratiques de la mise en place de l’accueil, les engagements respectifs de chacun, 

etc.). 

On l’aura compris, toutes les modalités d’accueil sont potentiellement 

envisageables à condition qu’elles prennent sens pour tous les acteurs de 

l’accueil. L’AFT est donc pensé à chaque fois au cas par cas, dans une logique 

d’intégration et d’articulation au dispositif existant. Cet aspect suppose en outre 

une participation des équipes soignantes pour soutenir la réalisation du projet, 

que ce soit à travers les liens qui s’établissent avec les familles d’accueil ou avec 

le service du RAFT. 

Par ailleurs, dans le but d’optimiser les aspects thérapeutiques d’un tel 

dispositif, nous insistons sur l’importance de la différenciation des temps et des 

espaces dans lesquels évolue l’enfant accueilli. C’est pourquoi dans la majeure 

partie des cas l’accueil se limite à quelques séquences d’une durée variable de 2 à 

6 heures par séquence, ceci en cohérence avec le dispositif de soin déjà en place. 

Il s’agit de séquences fixes qui ont lieu en général de 2 à 4 fois par semaine.  

D’autre part, la quasi-totalité des accompagnements sont effectués en taxi 

(fonction tiers), transports pris en charge par la sécurité sociale. Ceci a pour 

fonction d’assurer une différenciation des espaces en plus d’une certaine 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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fiabilité du cadre d’accueil. Dans ces conditions, l’espace de l’accueil bénéficie 

d’une certaine neutralité en devenant un espace protégé, suffisamment délimité, 

ce qui ne signifie pas pour autant qu’il soit un espace étanche, coupé du monde 

extérieur et du reste du soin. Au contraire, cette situation contribue à ce que la 

famille d’accueil se sente suffisamment dégagée des éléments de réalité 

susceptibles de modifier les conditions d’accueil, et puisse se concentrer sur l’ici 

et maintenant de la rencontre avec l’enfant.  Ce principe de différenciation à 

l’origine de l’accueil, associé à la disposition d’esprit de l’assistante familiale, 

permettra à l’enfant d’investir ce lieu différemment. 

Un temps de supervision groupal mensuel ou plus exactement de reprise 

élaborative des situations d’accueil est assuré par le psychologue. Destiné à 

toutes les assistantes familiales, ce temps est l’occasion de travailler les 

situations d’accueil et de leur donner collectivement un sens après-coup. Ce 

travail a pour fonction de soutenir l’AF dans l’accueil et de l’aider à se situer 

dans la rencontre avec l’enfant, de développer ses capacités d’élaboration 

clinique et d’ajuster son positionnement professionnel aux situations 

rencontrées. Ce travail peut être associé à un temps de reprise individuel, à la 

demande de l’assistante familiale et/ou proposé par le psychologue. 

Un temps de formation également mensuel assuré par le psychologue et des 

intervenants extérieurs permet de reprendre et d’approfondir certaines 

problématiques rencontrées dans l’accueil. D’une façon générale, la formation 

propose un apport théorique sur des thèmes qui touchent de près ou de loin la 

pratique de l’accueil. 

Un accompagnement des familles d’accueil est également assuré par les 

assistantes sociales. Il consiste en des entretiens téléphoniques réguliers et des 

visites à domicile annuelles. Il s’agit donc d’un travail de liaison qui intègre tout 

autant les aspects organisationnels de l’accueil que l’écoute et le traitement des 

difficultés posées par l’accueil au quotidien. 

 

2 – PLURALITE DES INDICATIONS D’AFT : 

 

Comme pour tout dispositif  de soin, la création d’un service comme le RAFT 

suppose l’élaboration d’un projet comportant des missions et des objectifs. Son 

évolution dépendra à la fois de la manière dont le dispositif aura été sollicité 

selon les attentes des pôles de pédo-psychiatrie et des expériences 

temporellement acquises à travers les accueils successifs réalisés par notre 

service. 

Si l’élaboration d’un projet de service d’AFT permet de dégager un certain 

nombre d’axes sur les objectifs thérapeutiques, il reste que toute une partie de 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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son projet demeure liée à la façon dont il est utilisé en pratique par les services 

de soin.  

Sans doute bien davantage que pour les dispositifs classiques et malgré les 

nombreuses sollicitations dont il est l’objet, le RAFT a pu et peut encore être 

amené à souffrir d’une identité aux contours mal définis. En effet, la diversité 

des représentations que peuvent s’en faire les équipes soignantes y contribue, en 

l’assimilant tantôt à un accueil social à visée éducative, tantôt en le considérant 

comme une alternative aux prises en charge thérapeutiques existantes. 

 Le vécu des familles d’accueil d’un manque de reconnaissance vis-à-vis des 

services dans lesquels sont suivis les enfants qu’elles accueillent l’illustre bien 

aussi, même si ce sentiment a pu évolué. L’indication « par défaut » rend compte 

de cette problématique : confronté aux limites d’une prise en charge, l’indication 

d’AFT pour une équipe de soin peut constituer avant tout un ailleurs, une issue, 

un autre lieu, dans certains cas un relais du soin.  

Parmi les indications dites « par défaut », on peut penser à ces patients sans 

solution ou encore sans solution de soin satisfaisante. Ce sont des patients au 

parcours thérapeutique souvent chaotique, ayant déjà fait l’objet sans succès de 

plusieurs orientations / indications et / ou qui se trouvent en attente d’un accueil 

en établissement médico-social. Il peut s’agir d’enfants dont le soin est amené à 

s’arrêter. C’est le cas des prises en charge institutionnelles en centre de jour ou 

CATTP petite enfance qui s’achèvent à 6 ou 12 ans et qui souffrent d’un manque 

de relais au sein du secteur. 

D’autres demandes mettent l’accent plus directement sur l’épuisement des 

familles qui demandent à être soulagées. 

Toutes ces demandes se traduisent par ce que nous pouvons appeler des 

indications « par défaut », c'est-à-dire des indications dont le but est avant tout 

de pallier le manque, la limite, l’échec face auxquels se retrouvent les équipes de 

soin. 

Pour autant, est-ce le rôle de l’AFT de répondre à ces demandes, de suppléer 

au manque de structures adaptées sur le secteur ? Jusqu’où pouvons-nous 

répondre sans risquer de compromettre le sens thérapeutique d’un tel projet ou 

de nourrir l’illusion suivant laquelle l’AFT serait « La » solution à ce type situation 

? A quelles conditions ces demandes peuvent-elles malgré tout prendre un sens  

et  ouvrir sur une évolution thérapeutique chez l’enfant ? 

Il semble important de repérer ici, au-delà de la demande d’AFT pour un 

patient, une demande institutionnelle plus profonde, consistant à traiter 

l’intraitable, à trouver une réponse thérapeutique qui permettra dans certains 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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cas de reconsidérer la problématique du jeune, de réinvestir une situation 

devenue critique pour la famille, l’équipe de soin et l’institution. 

 

Situation de Célestine : 

 

 

Célestine a 4 ans et demi lorsqu’elle nous est adressée par le médecin du 

CMP qui la suit. Elle bénéficie alors d’une prise en charge sur un groupe 

thérapeutique deux fois par semaine et elle est suivie en parallèle en 

orthophonie une fois par semaine dans le privé. Les entretiens révèlent un 

léger retard : marche acquise à 18 mois, propreté à trois ans. Elle 

présente à ce moment-là un trouble de l’attention : elle a du mal à écouter 

les consignes, a besoin en permanence d’être cadrée. Elle ne présente pas 

de trouble de la personnalité mais a du mal à accéder, semble-t-il, à 

certaines modalités de symbolisation. 

En réalité ce sont essentiellement ses parents qui sont en difficulté : la 

maman est en invalidité, le papa a du mal à poser des limites et Célestine 

ne bénéficie pas d’un étayage rassurant par ses parents. 

La demande d’un accueil dans une famille pendant l’été est suscitée par 

le fait que les parents se sentent en grande difficulté : l’école s’arrêtant, 

ils ont très peur d’avoir à assumer leur fille toute la journée. Ce sont eux 

qui ont besoin d’un relais. 

Célestine est scolarisée à ce moment-là en grande section de maternelle 

et l’équipe de soin a évoqué la possibilité à long terme d’une prise en 

charge pour cette petite fille dans un établissement médico-social mais les 

parents souhaitent pour l’instant que Célestine reste au domicile. 

Devant l’ambivalence de la famille et pour tenir compte des différents 

éléments de la demande, un AFT est envisagé chez une famille d’accueil le 

mercredi ainsi qu’une partie des vacances scolaires. 

Les premiers temps de l’accueil, l’AF découvre une petite fille très 

agréable, câline et sans problèmes particuliers. Parallèlement, la scolarité 

connaît une évolution très favorable au point où il n’est plus question 

d’orientation en établissement spécialisé. 

Célestine se développe normalement même si, aux dires de la mère, les 

problèmes de comportement à la maison persistent. En effet, Célestine 

« désobéit » et les parents se sentent régulièrement débordés dans leurs 

capacités éducatives. Les punitions souvent disproportionnées ne suffisent 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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pas à la limiter. Au contraire dans la famille d’accueil  « tout se passe 

bien ». 

Face à cette situation familiale précaire, une aide éducative finit par se 

mettre en place difficilement. 

L’accueil se poursuit maintenant depuis plusieurs années et semble avoir 

apporté à Célestine un équilibre environnemental grâce à la qualité des 

relations établies d’une façon durable avec la famille d’accueil et au 

maintien du lien avec sa famille. 

Cet accueil pourrait encore durer des années mais son évolution nous 

autorisent à réfléchir à d’autres modalités de prise en charge. Célestine a 

actuellement 11 ans et l’annonce faite il y a presque un an de la fin de 

l’accueil officiel chez Mme G permet de commencer à réfléchir à un 

nouveau projet. La mise en place récente d’une prise en charge individuelle 

au CMP s’inscrit dans cette perspective. 

 

 

Situation de Luc : 

Luc est un grand enfant de 10 ans originaire d’Afrique centrale. Son 

père est décédé alors qu’il était tout petit.  

Il présente un autisme infantile précoce type Kanner avec absence de 

langage et apparition de troubles du comportement de type hétéro- 

agressif dans le cadre de sa prise en charge au centre de jour. 

Suivi depuis janvier 2003 à raison de 4 demi-journées par semaine, le 

soin de cet enfant s’est avéré progressivement extrêmement complexe et 

de plus en plus difficile. Avec Luc, la communication a toujours été très 

restreinte, Luc n’utilisant aucun mot. Ses capacités de compréhension, 

même très limitées, lui avaient permis de prendre part à certaines 

activités de groupe et d’interagir avec les soignants dans une recherche de 

contact. 

Dans sa demande, l’équipe de soin nous précise que le travail du centre 

de jour n’a pas pu être particularisé pour cet enfant présentant des 

troubles aussi spécifiques. Ce dispositif centré sur les médiations et la 

recherche d’émergences relationnelles n’a malheureusement pas permis de 

l’aider dans sa structuration. 

En lieu et place de progrès cliniques, ce sont des troubles du 

comportement qui se sont développés : irruption de violence énigmatique, 

conduites dangereuses à l’égard des soignants comme des enfants, 

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manifestations qui ont conduit le médecin responsable à suspendre le soin 

au centre de jour. 

Selon sa mère, il ne se montrerait pas violent à la maison. Il semblerait 

plus à même de se contenir physiquement en sa présence. Toutefois, La 

naissance d’une petite sœur en 2005, semble être à l’origine de moments 

de tension à la maison. Il se met par exemple à frapper le sol de la main de 

façon brusque ou jeter violemment un objet au sol. 

L’objectif de l’AFT serait de permettre pour l’équipe de soin un travail 

de séparation mère / enfant en vue de faciliter une orientation spécialisée 

avec internat. 

En ce sens, un accueil dans notre service constituerait selon l’indication 

posée un ailleurs autre que la garderie, prémisse d’une séparation pour 

orientation. 

La mère serait favorable à cet accueil même si elle reste convaincue 

qu’aucun lieu ne peut tenir pour son fils. 

Même si le sens d’un AFT apparaît difficile à penser d’emblée, outre le 

fait de la nécessité de travailler la séparation, la mise en place de cet 

accueil chez l’une des familles d’accueil du RAFT est envisagé dans un 

premier temps sur une durée d’une heure trente par semaine.  

Le travail avec l’assistante familiale montre pendant les premières 

semaines un travail d’apprivoisement réciproque qui permet 

progressivement à Luc de se poser, de se détendre. Le respect d’une 

certaine distance physique apparaît à ce moment-là nécessaire pour 

désamorcer la violence de Luc. Puis, des rituels s’installent. Il a l’habitude 

par exemple de s’allonger sur le canapé en arrivant. Un contact corporel 

s’établit par l’intermédiaire de massages. De la musique douce accompagne 

de temps à autres ces échanges. Parfois même il se laisse aller à 

s’endormir. Ces derniers temps il commence à explorer la maison, à se 

regarder dans un miroir. 

Nous apprendrons au cours d’une synthèse, que la situation au premier 

abord très critique de Luc est devenue plus stable et apaisée. La mère 

trouve que son fils va un petit peu mieux. 

Nous ne savons pas au jour d’aujourd’hui comment évoluera l’accueil de 

Luc, mais il semble que cette expérience d’accueil atypique, en plus de 

constituer une issue, un ailleurs dans la façon d’aborder et de penser cette 

situation, aura permis de transformer pour la mère, pour l’équipe de soin 

et pour l’assistante familiale, l’investissement de cet enfant peut-être à 

travers l’émergence d’un regard humanisant.  

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Il faut reconnaître que dans notre projet initial nous ne pensions pas accueillir 

ce type d’enfant, ce qui révèle une utilisation somme toute assez spécifique de 

notre service. Cependant, nous avons pu être surpris, à maintes reprises des 

effets thérapeutiques impliqués par ce changement de cadre, nous renvoyant 

ainsi aux fondements même de notre projet. 

Comment un enfant vécu comme épuisant pour les soignants d’un centre de 

jour peut-il se comporter parfois très différemment chez la famille d’accueil ? 

Gardons-nous pour autant d’y voir un effet magique « famille d’accueil ». Car si 

l’AFT n’est rien sans la famille d’accueil, l’AFT déborde largement l’espace de la 

famille d’accueil. Ces observations doivent nous interroger sur les enjeux 

thérapeutiques d’un tel dispositif. 

Plutôt que de parler d’indication par « défaut », ce qui peut être pensé comme 

à défaut d’autres choses ou qui ne répond pas de façon spécifique à la situation, 

nous pourrions parler pour les deux situations que nous avons évoquées 

d’indications « limites », c'est-à-dire à la limite du cadre des indications inscrit 

dans notre projet. Nous aurions pu tout aussi bien considérer ces demandes 

comme ne répondant pas aux objectifs fixés dans notre projet.  

Comment penser l’accueil d’un enfant dont le soin principal a été suspendu ou 

encore quel sens un accueil peut-il avoir lorsqu’il semble répondre, en premier 

lieu, aux difficultés des parents ? Au regard de l’évolution de ces deux types 

d’accueil, nous avons à nous interroger sur les conditions qui peuvent rendre ces 

accueils thérapeutiques. 

La pluralité des intervenants, le temps passé à penser le projet d’accueil avec 

les équipes de soins et avec l’assistante familiale pressentie, le temps consacré 

par les équipes de soin pour travailler la demande avec les familles sont autant 

de facteurs qui, combinés entre eux, renouvellent le regard que chacun porte sur 

l’enfant. En ce sens, la mise en place effective du cadre d’accueil est déjà le 

résultat de tout un travail de pensée qui entoure l’accueil.  

C’est dire que l’introduction de ce nouveau dispositif dans l’ensemble du 

dispositif de soin n’est pas un simple complément à ce qui est déjà mis en place. 

Le projet d’accueil va en réalité mobiliser l’ensemble des acteurs et modifier le 

rôle de chacun auprès de l’enfant. L’AFT n’étant pas une fin en soi, la mise en 

place de l’accueil sera aussi l’occasion de repenser le projet de l’enfant à plus 

long terme.  

Ainsi, la mise en place du cadre d’accueil marque concrètement, par 

l’organisation d’un nouveau maillage autour de l’enfant, l’émergence d’un nouvel 

environnement de pensée, d’un autre regard porté sur l’enfant. C’est cet 

ensemble et la multiplicité des liens qui le composent dans la durée qui nous 

semblent être à l’origine de ce qui est thérapeutique dans l’AFT. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Ces éléments nous amènent à penser le fonctionnement de notre service 

comme un dispositif complexe susceptible de tenir ensemble différents niveaux 

de réalité hétérogènes : 

- A savoir d’une part, l’axe de la demande et de l’indication porté par les 

équipes de soin et qui suppose d’être tenu pendant toute la durée de l’accueil.  

- D’autre part, l’axe concernant davantage le vécu de l’accueil, incarné par les 

assistantes familiales et qui trouvera un sens spécifique notamment dans le 

travail de supervision. 

- En dernier lieu, un axe institutionnel, c'est-à-dire un axe qui différencie 

pour mieux articuler ces deux niveaux de réalité.  

Cette fonction de tiers et de garant du cadre s’illustre dans le dispositif par 

le fait que tout changement au niveau des modalités de l’accueil (à la demande 

des familles, des assistantes familiales, des équipes de soins ou même à 

l’occasion, des chauffeurs de taxi) doit faire l’objet d’une demande au service, 

ceci dans le but de protéger le cadre de l’accueil en assurant sa valeur 

thérapeutique.  

En pratique, on s’aperçoit que cette exigence n’est jamais acquise une fois 

pour toute et doit faire l’objet de rappels réguliers pour défendre et garantir le 

sens thérapeutique de l’accueil familial pour tous les acteurs engagés dans le 

soin. 

Par ailleurs, l’organisation de synthèses régulières constitue un moment fort 

de l’accueil et du soin. Il permet de réunir ces différents niveaux de 

fonctionnement en les dialectisant entre eux et de ressaisir pour chacun le 

projet de l’enfant. Le temps de la synthèse sera en ce sens un temps 

d’appropriation collective de la situation de l’enfant et de son devenir. 

 

3 – VERS UNE SPECIFICITE DE L’INDICATION D’AFT : 

D’un point de vue général, nous pouvons avancer que le caractère « positif » ou 

« par défaut » de l’indication dépend, pour une large part, du sens que chacun 

attribuera à l’AFT pour un enfant et à un moment donné. Il dépend aussi des 

effets de transformations observées chez l’enfant dans son environnement au 

cours de l’accueil. Mais attention, une bonne indication insuffisamment portée 

peut générer parfois plus de difficultés qu’une indication « limite » qui pourra 

être travaillée.  

Même si certaines indications nous apparaissent spécifiques au regard de 

notre expérience et des moyens que nous pouvons mettre à disposition, le travail 

de l’indication et l’évaluation de sa pertinence tout au long de l’accueil doit nous 

faire relativiser l’opposition indication « positive » / indication « par défaut ». 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Néanmoins, l’expérience de ces huit années nous permet aujourd’hui d’affiner et 

de dégager certains aspects spécifiques de l’indication d’AFT en pédo- 

psychiatrie : 

Si l’indication générale concerne les enfants pour qui l’expérience de 

séparation est susceptible de relancer le processus de développement, de 

nombreuses demandes concernent des enfants autistes ou TED sortant des 

hôpitaux de jour et en attente de relais sur le secteur médico-social. Pour ces 

situations l’AFT peut être investi dans une fonction d’intermédiaire 

potentiellement transitionnelle permettant d’expérimenter la séparation avec la 

famille avant de l’envisager sous une forme plus complète à travers l’orientation 

en établissement médico-éducatif. Ce type de projet permet en outre de 

soutenir et de relancer le soin tout en soulageant les parents souvent épuisés. 

Si l’accueil ne permet pas toujours la mise en évidence de changements 

importants, il peut trouver un sens minimal dans le maintien des acquisitions et 

des capacités de l’enfant. Autrement dit, ce dispositif maintiendrait un niveau 

d’interaction et de stimulation permettant d’éviter le risque d’une régression 

trop importante ou d’une fixation à un fonctionnement pathologique invalidant. 

En revanche, et c’est ce que met en perspective l’accueil de Célestine, les 

carences affectives liés à des dysfonctionnements familiaux peuvent être 

largement compensées. L’accueil peut s’inscrire ici non pas comme alternative à 

l’hospitalisation mais comme alternative à un placement, lequel comporterait un 

risque de rupture avec le soin et pouvant être vécu par l’enfant comme un 

abandon. 

Sans être pour autant des indications spécifiques, les enfants agités, ayant 

des troubles du comportement ou ne supportant pas les situations de groupe, 

peuvent bénéficier grâce à l’AFT, d’un cadre contenant et sécure au sein duquel 

ils pourront expérimenter une relation duelle parfois exclusive mais souvent 

structurante. 

Dans tous les cas, l’accueil proposé est un accueil séquentiel, organisé sur 

mesure et pouvant comprendre éventuellement, en fonction des disponibilités 

des familles d’accueil, des repas et des nuits. 

L’accueil séquentiel introduit un rythme spécifique pour l’enfant et assure un 

cadre de travail permettant à l’assistante maternelle d’être particulièrement 

disponible pendant toute la durée de l’accueil, ce qui est plus difficile pour un 

accueil à plein temps. L’accueil séquentiel marque de façon suffisamment 

régulière, dans son dispositif même, l’enjeu thérapeutique de la séparation. 

 Enfin, la multiplicité des séquences qui ne répond pas toujours aux demandes 

des familles permet de distinguer l’AFT d’une simple garde d’enfant. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 12 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

 12 

En conclusion, nous pouvons penser que le montage proposé, au-delà d’une 

simple mise en adéquation des demandes des équipes de soin avec les moyens 

d’accueils dont nous disposons, tend surtout à prendre en compte la spécificité 

des troubles de l’enfant mais aussi celle du contexte social, familial, scolaire 

dans lequel l’enfant évolue.  

Malgré le caractère polymorphe et parfois peu élaboré de certaines demandes 

qui nous sont adressés, nous avons voulu montrer comment certaines indications  

« par défaut » peuvent à l’occasion des rencontres préalables à la mise en place 

de l’accueil ou au cours des synthèses organisées pendant l’accueil être ressaisies 

et envisagées de façon spécifique.  

C’est ce qu’on peut appeler le travail de l’indication lequel se poursuivra tout au 

long de l’accueil. 


grepfalevinatier2008.pdf(56,94 ko) Téléchargé 213 fois Télécharger Hyperlien  

Journée AFT Enfant dans l'Essonne - 16/4/2019

En France 70.000 enfants bénéficient d’un des dispositifs d’Accueil Familial. Développé en pédopsychiatrie depuis plus de 50 ans, la déclinaison thérapeutique de cette pratique - dont bénéficient près de 1.000 enfants - a été conçue pour soigner des troubles précoces et sévères de la relation enfant-parents et leurs conséquences. 

Dans l’Essonne, les dispositifs de l’UAFT (Unités d’accueil familial thérapeutique d’Etampes, de Savigny-sur-Orge, de Ste Geneviève-des-Bois, …), déployés dans les secteurs de pédopsychiatrie, ont acquis une expérience clinique spécifique.

Le 16 avril prochain, à l’EPS Barthélémy Durand Etampes (cf affiche), seront exposés les aspects cliniques et théoriques de ces pratiques de soin, des chercheurs présenteront leurs études, et les patients, parents et familles d’accueil témoigneront de leur expérience. Des outils pédagogiques innovants montreront la complexité des situations rencontrées. Pour prolonger les moments d’échanges lors de la pause déjeuner, les organisateurs offriront un buffet.

Nous espérons que vous viendrez nombreux à cette Journée d’étude interprofessionnelle qui associera les acteurs des  champs sanitaire (pédopsychiatrie et psychiatrie adultes), médico-social, protection de l’enfance, justice des mineurs, éducation nationale, associations …

Le Programme détaillé de la Journée sera diffusé prochainement.

Cette Journée entre dans le cadre de la Formation continue et elle est gratuite.

Pour l’INSCRIPTION : contacter laure.boyer@eps-etampes.fr  :

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REGIE PAR
LA LOI DU 1er Juillet 1901
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Statuts déposés le 23/01/1992 
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N° SIRET : 41420497400029 – CODE APE : 913

OGDPC: n° d'enregistrement organisme: 2775

 

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