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TEXTE SUR L'ACCUEIL FAMILIAL

​Cette rubrique regroupe des textes, articles, travaux de recherche... rédigés par des personnes impliquées dans l'accueil familial, social ou thérapeutique, en France ou ailleurs.

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Congrès Paris 2018

Actes des 13èmes Journées de Formation du GREPFA France

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qui se sont tenues les Jeudi 7 et vendredi 8 juin 2018 à Paris

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ème 

 congrès du GREPFA France, Les Sables dOlonne (15-16 juin 2006)   1 

R. PASSERA « Se disant… probable…denviron… » Cherchez lorigine, vous trouverez lorigine… 

  1 

Rosella PASSERA 

Psychologue, CH Esquirol, Paris 

 

 AXE n°3 « IDENTITE ENTRE FAMILLE D’ORIGINE ET FAMILLE D’ACCUEIL » 

 « SE DISANT… PROBABLE… D’ENVIRON…. » 

CHERCHEZ L’IDENTITE, VOUS TROUVEREZ L’ORIGINE…. 

L’histoire d’un patient, accueilli en A.F.T. après 4 ans d’hospitalisation, interroge les concepts 

d’origine et d’identité, eux-mêmes liés, et la possibilité d’un lien entre famille d’origine et 

famille d’accueil. 

Comment créer une « enveloppe psychique élargie » qui puisse se substituer au moins pour un 

certain temps, à l’enveloppe familiale défaillante ? 

Surtout lorsque, pour un sujet dont le nom est « se disant », l’origine « probable », l’âge 

d’ « environ », comment, dans cette situation l’aider à se construire sa propre identité quanD 

il s’agit, pour l’heure, de lui permettre de la retrouver ? 

Comment l’aider à reconstruire cet autre aspect de l’enveloppe psychique, l’ « habitat », cette  

stabilité qui participe à la mise en place du sentiment d’identité ? 

J’ai donc commencé, avec la participation de la famille d’accueil, à chercher des petits bouts 

d’histoire, éparpillés, parfois des « riens » et à les lier… mais ça n’a pas été si facile que de 

passer « une enveloppe » à la poste ! 

 

L’histoire d’un patient, accueilli en A.F.T. après 4 ans d’hospitalisation, m’a interrogé sur les 

concepts d’origine et d’identité, eux-mêmes liés, et sur la possibilité d’un lien entre la famille 

d’origine et la famille d’accueil.  

Mes recherches ont débuté par l’effeuillage du mince dossier du patient, dont le bulletin 

d’entrée livre les premières informations : 

Nom, Prénom :    se disant…. 

Age :     environ 42 ans 

Sexe :      masculin 

Lieu de naissance :   probablement Portugal 

Profession :    néant 

Domicile :    S.D.F. 

Situation familiale :   néant 

Motif de l’hospitalisation :  troubles de l’ordre public 

Pièces produites à l’admission :  néant 

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 congrès du GREPFA France, Les Sables dOlonne (15-16 juin 2006)   2 

R. PASSERA « Se disant… probable…denviron… » Cherchez lorigine, vous trouverez lorigine… 

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Un questionnement s’impose d’emblée lorsque le nom est : « se disant », l’origine : 

« probable », l’âge : « d’environ » ; que va-t-il être transmis par les soignants à une famille 

d’accueil en plaçant une personne à l’identité incertaine ? Comment accompagner dans ces 

conditions, et le patient, et la famille d’accueil ? Comment aider le patient, dans cette 

situation, à se construire sa propre identité quand il s’agit, pour l’heure, de lui permettre de 

la retrouver ? 

Au bout d’une année de placement dans la famille d’accueil, les multiples recherches menées 

pour retracer la biographie de cette personne effacée, ne prononçant que quelques mots, 

restent infructueuses… Mais à l’occasion d’une sortie au marché, le hasard croise sa route. 

Une personne reconnaît le patient et en informe un de ses frères, domicilié dans une localité 

proche de celle de la famille d’accueil. La belle-sœur contacte la famille d’accueil pour avoir 

des nouvelles de ce patient qui va enfin être nommé : un embryon d’identité et d’origine est 

en train de voir le jour. 

A l’occasion d’une rencontre, quelque temps après, l’identité est finalement confirmée : le 

patient devient, ou redevient, du jour au lendemain, Monsieur nom-prénom.  

Ce nom, nous dira-t-il, est composé de la juxtaposition des deux patronymes de ses parents. 

Il raconte, sans pouvoir donner d’explications, avoir décidé de changer son nom en 1997 

« pour rien », mais il souhaite que l’on continue de l’appeler par ce pseudonyme. Par ailleurs, il 

accepte de recevoir la visite et les appels de sa famille, si elle se manifeste. 

L’équipe soignante et la famille d’accueil veillent à ce que des liens se tissent avec la famille 

d’origine. Les renseignements fournis par la belle-sœur permettent la constitution d’une 

trame historique à son existence. Mais il y aura toujours beaucoup de conditionnels  

« serait », « aurait », « environ », « plus ou moins »… 

Nous arrivons, non sans efforts, à contacter la sœur aînée, personnage très important 

apparemment dans la jeunesse du patient. Elle accepte de rencontrer une fois l’équipe tout en 

nous faisant comprendre qu’elle ne veut plus revoir son frère. Durant cet entretien, elle ne 

raconte rien, se limitant à confirmer de temps en temps les informations données par la 

belle-sœur. L’accent est mis sur l’attachement que lui vouait son petit frère, allant jusqu’à 

l’appeler maman, qu’il se faisait porter très, trop souvent, cela jusqu’à l’âge de 5 ans. Elle 

souffre d’une déformation visible de la hanche qu’elle attribue au portage de son frère. Déjà 

petit, celui-ci s’échappait de la maison, errait et se réfugiait dans les champs Les voisins le 

retrouvaient et le ramenaient chez lui. Lorsqu’on lui demandait son nom, il s’affublait déjà du 

pseudonyme que nous lui connaissons…. 

Issus d’une famille de la terre profonde, au Portugal, les parents travaillaient durement dans 

les champs pour nourrir la famille nombreuse (5 enfants). C’est ainsi que la sœur aînée jouait 

le rôle de la mère vis-à-vis de son frère déjà décrit comme un enfant sauvage présentant des 

moments de retrait « probablement » autistique. 

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Le père est  décrit comme quelqu’un de très dur, buveur, parfois violent, qui n’hésite pas à se 

servir du bâton pour réprimander son fils. Le terme bâton que l’on retrouve dans le 

pseudonyme que ce dernier s’est donné. C’est à la suite d’une nouvelle bastonnade violente que 

le fils, accusé d’avoir dérobé les bijoux de famille, à l’âge de 17 ans, part en France y 

retrouver ses deux frères. 

En tout état de cause, la sœur aînée ne veut plus revoir son frère car sa vie est déjà assez 

difficile avec son mari, lui aussi buveur, comme son père…. 

Le frère et la belle-sœur montrent une réticence à l’accueillir chez eux quelques jours : « la 

coupure est déjà faite, il ne veut rien, il se protège, il nous protège ». 

Mais de quoi ? d’aveux impossibles à dire ? Les liens d’origine sont-ils si porteurs de 

souffrance ? Pourquoi, après de si brèves retrouvailles, la famille évite-elle de renouer des 

liens ? 

Cette identité, perdue, retrouvée, nouvelle, oubliée, nous laisse face à un questionnement. 

Tenter de relier les données, si possible en leur donnant un sens, revient à chercher les liens 

qui peuvent rattacher l’identité à l’origine, à la famille…. 

F. Laplantine, anthropologue, énonce que : « {…..} en renvoyant chaque individu à une 

appartenance, l’identité signe l’origine. L’identité attire l’attention sur ce qu’il y a de plus 

stable et de plus permanent chez l’être humain, appréhendé à partir de ce qu’il était avant, et 

non de ce qu’il est en train de devenir. L’identité réactualise toujours, en le ritualisant, un 

fondement incontestable. Elle est un processus de réactualisation de l’origine » 1

Par ailleurs, le terme                           en grec, signifie l’identité et la répétition.  

La sociologue, A. Muxel2, en mettant en avant la notion de « mémoire familiale » insiste sur le 

rôle fondamental de la famille dans la construction de l’identité. Nous naissons dans une 

famille, nous nous inscrivons en fonction de valeurs, d’attributs sociaux et symboliques, 

transmis, à la fois par une histoire familiale lointaine et celle vécue dans l’enfance, avant de 

devenir adulte et autonome. C’est cette double inscription qui fixe la configuration de 

l’identité individuelle.  

C’est à ce point que je voudrais introduire la notion « d’habitat », troisième feuillet de 

l’enveloppe psychique selon Houzel3 « cet autre type de stabilité qui participe à la 

construction des limites du soi et du sentiment d’identité. L’habitat répond à un principe de 

stabilité simple dans lequel c’est le lieu même que l’on habite dans l’espace qui doit être stable 

et pas seulement la forme et le déroulement des processus psychiques à l’œuvre dans le 

sujet ».  

                                                           

1 

  LAPLANTINE (F) - « Je, nous et les autres, être humain au-delà des appartenances » - Editions Le Pommier-Fayard – 

collection manifeste – Paris, 1999 – p.41 

2 

  MUXEL (A) - « La mémoire familiale » - revue sciences humaines, hors-série n°15 – 1996-97 – p.22 

3 

  HOUZEL (D) - « Le concept d’enveloppe psychique » - Editions In press – p.31 

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R. PASSERA « Se disant… probable…denviron… » Cherchez lorigine, vous trouverez lorigine… 

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Mais il y a plusieurs formes et niveaux de stabilité : si la fonction contenante se trouve être 

défaillante, le psychisme se contentera d’une « stabilité simple » dans laquelle «tout doit 

rester immuable, figée : c’est le type de stabilité que l’on observe dans l’autisme infantile : le 

refus de tout changement, le déni de la temporalité en sont les expressions cliniques. Ce type 

de stabilité ne peut s’obtenir que moyennant un renoncement à tout développement de la 

communication avec autrui et de sa propre pensée»4.  

Anzieu nous rappelle aussi les effets désastreux sur le psychisme humain des « maladies de la 

mémoire ». Nous sommes en effet confrontés quotidiennement, dans la clinique des 

psychoses, aux conséquences tragiques de l’ignorance du passé et du non accès à la 

temporalité5. La découverte de l’historicité peut se faire uniquement dans une relation où une 

remémoration partagée et communiquée est possible.          

En d’autres termes, pour créer son identité et son origine, il faut la participation de quelqu’un 

qui partage des souvenirs, qui réactive une mémoire historique, « une rencontre durable du 

jeu de souvenirs entre l’enfant et sa mère, et ultérieurement, entre le sujet et lui-même »6

P. Aulagnier met l’accent sur la défaillance chez le psychotique de la dimension 

historicisante : « l’attaque sur les liens et la propension au désinvestissement sont tels qu’ils 

finissent pas détruire les traces de ce qui a eu lieu et à créer des trous irréparables dans 

l’activité représentative »7

Pour notre patient, nous pouvons constater l’oubli, l’effacement des traces, le 

désinvestissement… , la défaillance quant aux enveloppes psychiques de la mémoire, de 

« l’habitat » … S’inventer une nouvelle identité représente une rupture avec les liens 

d’origine…  La retrouver revient à renouer avec ces derniers, ce qui n’est pas exempt de 

contraintes, d’enchaînements. La dimension familiale devient nécessairement importante dans 

cette histoire identitaire. 

J. C. Cebula8 nous dit que la famille, d’origine ou d’accueil, introduit la dimension de l’identité, 

à savoir que chacun y est interpellé quant à ses origines, son histoire, ses alliances… et que la 

famille d’accueil fonctionne à ces niveaux d’interpellation de l’identité bien plus qu’un 

établissement de soins, car elle peut permettre la reconstitution d’une enveloppe psychique, 

car les rôles et les liens s’organisent en fonction des attentes et des places à prendre.     

L’enveloppe familiale, carentielle, défaillante dans le cas présent, peut, à notre avis, être 

restaurée en famille d’accueil par un travail d’élaboration commune entre équipe et famille, 

                                                           

4 

  Ibid – p. 123 

5 

  ANZIEU, HOUZEL – « L’enveloppe de mémoire et ses trous » - p.91 dans « Les enveloppes psychiques » - Editions Dunod, 

collection inconscient et culture. 

6 

  Ibid – p. 95 

7 

  Ibid – p. 112 

8 

  CEBULA (J.C.) – « L’accueil familial des adultes » - Editions Dunod – p. .91 

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R. PASSERA « Se disant… probable…denviron… » Cherchez lorigine, vous trouverez lorigine… 

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que Houzel nomme  « enveloppe élargie ». Aider, dans cette situation, la famille d’accueil à se 

substituer si possible, et temporairement à l’enveloppe familiale déhiscente.  Travail long, 

difficile, parfois frustrant, mené par l’équipe, la famille d’accueil et la famille d’origine. Car 

quel rôle et quelle identité  une famille d’accueil accepte-t-elle d’assumer dans ce « théâtre 

familial » élargi vis-à-vis de l’accueilli, quels liens propose ou accepte-t-elle avec la famille 

d’origine ? 

Mme C., la famille d’accueil en charge de notre patient, pense que ce dernier, lorsqu’il le 

souhaite, doit avoir la possibilité de rencontrer sa famille d’origine en tenant compte des 

antécédents relationnels. Le patient, dit-elle, semble content lorsqu’il revient des ses rares 

rencontres familiales et ne formule jamais le désir d’une de ces rencontres qui se raréfient 

de plus en plus et sur sa fonction stimulante pour les organiser car la famille d’origine, 

occultant la dimension pathologique du patient, entretient la distance, persuadée qu’il se 

complait dans l’assistanat et profite de la situation. 

Mme C. reste néanmoins persuadée que les relations entre famille d’accueil et famille 

d’origine sont une partie du travail de l’A.F.T. qui ne peut se limiter aux simples soins 

d’entretien et d’hébergement. 

La famille d’accueil, conclut-elle, en permettant une ouverture sur l’extérieur, peut offrir un 

cadre contenant et enveloppant plus convivial que l’institution hospitalière aux aspects 

fortement déprimants pour les familles d’origine. Elle regrette d’ailleurs que la famille 

d’origine, enfin retrouvée, ne donne plus ni ne demande des nouvelles du patient accueilli. La 

question du  « pourquoi » revient régulièrement sur le tapis lors des réunions familles 

d’accueil/équipe soignante… 

On a cherché l’identité, on a trouvé l’origine et/ou vice versa… 

Nous voilà repartis pour un nouveau voyage ! 


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Journée AFT Enfant dans l'Essonne - 16/4/2019

En France 70.000 enfants bénéficient d’un des dispositifs d’Accueil Familial. Développé en pédopsychiatrie depuis plus de 50 ans, la déclinaison thérapeutique de cette pratique - dont bénéficient près de 1.000 enfants - a été conçue pour soigner des troubles précoces et sévères de la relation enfant-parents et leurs conséquences. 

Dans l’Essonne, les dispositifs de l’UAFT (Unités d’accueil familial thérapeutique d’Etampes, de Savigny-sur-Orge, de Ste Geneviève-des-Bois, …), déployés dans les secteurs de pédopsychiatrie, ont acquis une expérience clinique spécifique.

Le 16 avril prochain, à l’EPS Barthélémy Durand Etampes (cf affiche), seront exposés les aspects cliniques et théoriques de ces pratiques de soin, des chercheurs présenteront leurs études, et les patients, parents et familles d’accueil témoigneront de leur expérience. Des outils pédagogiques innovants montreront la complexité des situations rencontrées. Pour prolonger les moments d’échanges lors de la pause déjeuner, les organisateurs offriront un buffet.

Nous espérons que vous viendrez nombreux à cette Journée d’étude interprofessionnelle qui associera les acteurs des  champs sanitaire (pédopsychiatrie et psychiatrie adultes), médico-social, protection de l’enfance, justice des mineurs, éducation nationale, associations …

Le Programme détaillé de la Journée sera diffusé prochainement.

Cette Journée entre dans le cadre de la Formation continue et elle est gratuite.

Pour l’INSCRIPTION : contacter laure.boyer@eps-etampes.fr  :

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