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TEXTE SUR L'ACCUEIL FAMILIAL

​Cette rubrique regroupe des textes, articles, travaux de recherche... rédigés par des personnes impliquées dans l'accueil familial, social ou thérapeutique, en France ou ailleurs.

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6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 1 

C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Chantal GROLLEAU-VALLET 

Direction des soins, Centre Hospitalier Spécialisé Ainay le Château 

De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Quelles évolutions ? 

Des évolutions : Il y en eut quelques-unes. En effet, nous abordons là, pratiquement, un siècle 

d’histoire. 

Tout d’abord quelques dates : 

 

 1892 : Création de la première Colonie familiale à Dun sur Auron. 

 

 1992 : Ainay le Château se lance dans la mise en application des textes 

sur l’Accueil Familial Thérapeutique. 

 

 1900 : Ainay le château, annexe de la Colonie Familiale de Dun, devient 

Colonie autonome. 

 

 2000 : Le Centre Hospitalier d’Ainay fête son centenaire. Il termine son 

premier projet d’établissement et se prépare pour l’accréditation. 

De la Colonie Familiale à l’accueil familial thérapeutique, quelles évolutions ? 

De la Colonie Familiale, institution ancienne et lourde, il aura fallu passer par la mise en 

conformité, c’est à dire, par l’application de la nouvelle réglementation, pour arriver à la 

définition d’un accueil familial thérapeutique

Mon propos s’articulera donc autour de ces  trois axes : 

 La Colonie Familiale : En parler, c’est faire un point d’histoire, situer le contexte

planter en quelque sorte le décor

 La mise en conformité : C’est raconter l’histoire d’une démarche active, programmée, 

inscrite dans un temps donné. Un scénario précis pour que soit respecter la 

réglementation. 

 L’accueil familial thérapeutique : C’est voir, comment on peut  jouer la pièce 

autrement. Et pour ce faire, redéfinir les places et rôles de chacun des acteurs.  

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 2 

C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

1. La colonie familiale 

C’est en 1892 que le conseil Général de la Seine, soucieux de désengorger les hôpitaux 

parisiens, demande au Dr Auguste Marie de créer à Dun sur Auron dans le département du 

Cher, la première Colonie Familiale. 

Nous ne reviendrons pas sur les débats de l’époque et les polémiques entre médecins 

aliénistes, les partisans de «l’open door» s’opposant, à ceux qui pensaient, alors, 

que « traitement et liberté » ne sauraient aller ensemble. 

Trois raisons furent mises en avant et plaidèrent en faveur du projet : 

 

 

 Raisons humanitaires : les bienfaits de la campagne opposés aux méfaits de la ville et la 

possibilité pour le malade d’y retrouver une moralité. 

 

 Raisons économiques : le placement dans les familles est un moyen beaucoup plus 

économique que le traitement à l’asile 

 

  Raisons médicales : le surpeuplement des asiles ne permet pas de soigner efficacement les 

malades curables,  

Cette idée qui a permis la création des colonies familiales, l’idée de séparation des aigus et 

des chroniques,   chroniques qui paralysent l’instrument de soin, est d’une actualité 

permanente. Pourquoi pas ! à condition que l’on continue de donner aussi des soins aux 

chroniques. Différents sans doute, mais toujours des soins

1892  donc, création de la première colonie familiale en France : Au départ les placements 

étaient concentrés sur Dun, mais très vite devant le nombre croissant de transferts venant 

de Paris on décida de créer des annexes distantes de 5 à 25 kilomètres. Ainsi Ainay le 

Château, dans le département de l’Allier, qui, ouverte en 1898 connut une extension rapide. 

En raison de son développement et de son éloignement, elle devient Colonie Familiale 

autonome en juin 1900 Le docteur LWOFF nommé médecin-directeur va procéder à la mise 

en place d’une colonie pour hommes.  Dun sur Auron recevant  uniquement des femmes.  

On note, cependant l’exception d’un pourcentage infime de patients hommes à Dun, 

travailleurs recrutés pour le jardin et les travaux de force et de femmes à Ainay pour la 

couture et le repassage. 

Les deux institutions s’étendent sur des communes avoisinantes avec cependant à 

équidistance, de l’une et de l’autre, une zone neutre, ne recevant aucun patient de l’une ou 

l’autre colonie. Comme une espèce de barrière entre les hommes d’Ainay et les femmes de 

Dun. 

Beaucoup plus sérieusement, il semblerait que ce soit les maires successifs de la commune en 

question, tous issus de la même famille, qui aient opposé leur veto, à l’installation des patients, 

ainsi qu’il leur en a été fait droit par les différents règlements intérieurs des deux colonies. 

On se rappellera qu’à cette époque le seul mode de traitement était l’enfermement

Confier des malades à des paysans berrichons ou bourbonnais, alors que n’existait aucun 

traitement médicamenteux, apparaît comme une idée  «osée»  

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Même si l’on sait qu’Auguste Marie parlait «de petits mentaux», c’est à dire de personnes 

présentant peu ou pas de troubles du comportement.  

Même si l’on sait que le premier règlement intérieur de Dun parle de «Colonies Familiales de 

vieillards de la Seine». 

Les deux colonies familiales ont le statut d’établissement public départemental. La tutelle 

appartient au Préfet de la Seine, puis au Préfet de Paris après l’éclatement du département. 

Souvent placés dans des fermes, ces malades sont bien accueillis, et fournissent, parfois, une 

main d’œuvre bon marché. On parle alors des «pensionnaires». Le travail des «nourrices» se 

limite à l’hébergement, leur tâche s’apparente à du «gardiennage», accompagné en cela par 

des «surveillants». 

La terminologie situe bien la conception du placement, à cette époque. 

Mais les colonies familiales ne se sont pas situées en dehors de l’évolution de la société en 

générale, ni de celle de la psychiatrie en particulier. 

L’avènement des psychotropes, l’apparition des psychothérapies institutionnelles ont amené 

des changements

 En terme de prise en charge, bien sûr : Médicaments, Ergothérapie, Clubs de 

patients…. 

 Mais également en terme de patients accueillis : 

 

En effet, si les transferts viennent toujours de la région parisienne, les diagnostics sont 

différents. Psychotiques, et délirants traités ont remplacé les arriérations mentales, et ces 

débilités qui se sont souvent révélées, dans le contexte d’Ainay, être des psychoses 

infantiles. 

Mais ce qu’on  retrouve pour ces malades, comme pour ceux qui les ont précédés, c’est 

l’absence de projets réels, et l’échec des institutions  qui les adressent. 

Dans les années 1970, on note encore à Ainay une capacité d’accueil de 1200 places, 

disséminées dans un rayon de 20 kilomètres. Chaque famille peut encore accueillir 4 

malades

En 1973, devenu depuis Centre Psychothérapeutique interdépartemental, Ainay se voit 

confié la responsabilité d’un tout petit secteur de l’Allier, 20 000 adultes. C’est également 

le début de la mixité dans l’établissement, tant au niveau patients qu’au niveau des personnels. 

L’intégration au dispositif sectoriel est apparue nécessaire et obligatoire pour la survie de 

l’établissement. Avec en même temps la conscience implicite que la doctrine du secteur, 

s’opposait à  la formule du placement familial,  

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

En effet, s’agissant de soigner le patient dans son milieu d’origine ou à défaut dans des lieux 

proches : 

 

La contradiction, secteur / placement familial, pour des malades de la région parisienne,  

est manifeste.  

A Dun, comme à Ainay ces ex-colonies familiales, le placement et sa valeur thérapeutique, 

est au cœur des débats et des polémiques

 Opposé de façon antinomique au secteur, il divise les fermement «pour» et les 

farouchement «contre». 

Il fait réfléchir ceux, qui moins manichéens, le pensent en termes : 

 

 

  d’indications thérapeutiques précises, 

 

  de suivi, 

 

  d’encadrement suffisant, 

 

  d’évaluation permanente, 

 

Bref, en terme d’un système à revoir. 

 

L’expérience du placement familial à grande échelle, telle que réalisée à Dun et Ainay est 

demeurée unique en France. 

Il faudra attendre les années 1970 /1980 pour voir ressurgir un nouvel intérêt pour le 

placement familial.  

En 1985, selon des études réalisées alors, 28 structures en France, l’organisent. En 

opposition aux «colonies familiales» toujours évoquées de façons négatives, comme exemple 

à contrario. Les critiques venant d’ailleurs, parfois, de ceux-là même, qui ont adressé leurs 

échecs …… à Dun et à Ainay…..  

Il s’inscrit alors dans le cadre du secteur et est présenté, comme une alternative à 

l’hospitalisation. 

 

L’absence de cadre légal a amené des pratiques très différentes, chacun de son coté 

essayant de «bricoler» ses solutions et de faire au mieux. 

La nécessité de textes réglementaires s’impose. 

Les deux colonies familiales, devenues depuis Centres Hospitaliers Spécialisés, avec leurs 

dispositifs importants de placements familiaux. Placements familiaux sans existence 

statutaire définie, sans réelle référence réglementaire, les attendent et les appréhendent. 

 

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Depuis plusieurs  années se  mènent à Ainay, réflexions et débats, discussions entre 

personnels, familles d’accueil, élus. En 1985, on  a limité à 3 patients l’accueil par famille.  

Cela facilitera la tâche pour le passage en chambre individuelle. 

 

Chez le voisin Dunois, par contre, en 1992, on trouve toujours, une majorité d’accueil à 4 

patients  ( deux chambres à deux lits). 

 

La loi du 10 juillet 1989, puis la publication de l’arrêté du 1er octobre 1990, les notes qui 

suivirent, fournissent des outils juridiques. Ils mettent fin à une longue période d’absence de 

cadre légal, dont ont souffert les deux institutions. 

Mais, même, s’il est clair que ces textes ne sont pas conçus pour elles, 

Il va pourtant falloir, aux deux « Colonies Familiales », s’y conformer, afin de pouvoir, 

légalement, continuer d’exister. 

2. La mise en conformite 

Dès leurs publications, Ainay, qui les attend, confronte sa réalité institutionnelle aux 

exigences des textes. Mais c’est janvier 1992 qui voit, se formaliser la volonté très 

affirmée de mise aux normes. 

De février en avril, le nouveau directeur, accompagné des soignants référents, effectue une 

visite systématique de tous les placements. 

Le bilan de ces visites, repris avec l’ensemble de l’équipe soignante, permet de déterminer le 

devenir de chaque placement : 

Ainsi des 911 lits visités : 

  55 reçoivent d’emblée l’agrément. Ils présentent les conditions de confort requises, 

sont en chambre individuelle. La prise en charge est valable, La responsable n’exerce pas 

d’autre activité salariée. 

  Ceux pour lesquels des modifications sont nécessaires et possibles, c’est à dire 211, 

reçoivent un agrément provisoire. Les responsables signent un contrat qui leur donne 

accès au nouveau statut et prennent l’engagement d’effectuer des améliorations. Ces 

prescriptions modificatives peuvent concerner les locaux, les conditions d’hébergement ou 

la prise en charge. 

  95 lits présentent des situations criantes d’inconfort et de prise en charge 

défectueuse et sont fermés d’urgence. 

  Les autres lits sont maintenus en fonctionnement pour une période limitée à deux 

ans. Les familles gardent l’ancien statut. Si cependant, elles souhaitent l’intégration dans 

le dispositif réglementaire, elles passent par la nouvelle procédure de recrutement mise 

en place. 

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

La campagne d’agrément commencée en août 1992 a duré 3 ans. La capacité en accueil familial 

est passée de 911 lits au départ, à 540 en 1997. Et pour 40% d’entres elles, ces places sont 

offertes par des familles d’accueil nouvellement recrutées

S’appuyant sur les textes, Ainay le Château, conduit donc sa politique de changement

 Auprès des unités d’accueil, en diminuant la capacité, en améliorant la qualité, tant 

au niveau matériel qu’au niveau relationnel. 

 Auprès des patients

  en menant avec ceux qui peuvent en bénéficier, des projets  individuels de 

sorties,             

  en accueillant de nouveaux patients

                                  *que porteurs de projets thérapeutiques. 

                                                       *et pour des durées de séjours déterminées. 

Au-delà d’une sélection plus rigoureuse, «la requalification» des familles d’accueil passe 

également par une formation . Celle-ci fait intervenir des personnels soignants et 

administratifs de l’établissement et deux organismes spécialisés. Sont abordés : Législation 

et droit du travail, connaissance de l’institution, économie sociale et familiale. 

Mais surtout la formation aborde les notions de projet thérapeutique. Elle définit la 

collaboration équipe, famille, et situe la démarche d’accueil des patients dans un processus 

évolutif d’accompagnement et d’autonomisation

 Elle s’applique à faire comprendre qu’il faut donner une certaine dimension affective et 

sécurisante aux relations, tout en admettant que si elles font progresser l’accueilli, il partira 

vers une autre structure. 

 

La formation mise en place en janvier 1993, se déroule par petits groupes de douze personnes, 

mélangeant les  anciennes et  nouvelles recrues. Par demi-journées, elle dure six semaines. 

Elle est un temps d’expression. Elle s’est complétée depuis  par des groupes d’échanges, à 

thème, ou  sur la pratique, animés par les soignants. 

L’ouverture d’unités d’accueil dans les villes et les bourgs a été privilégiée, l’espace 

géographique d’implantation étenduLes Unités se repartissent actuellement dans un rayon 

de 30 à 40 kilomètres, sur les départements de l’Allier et du Cher. 

L’éloignement des structures pré-établies à l’usage des patients : Cafétérias, annexes, 

ateliers  . Cette distance mise avec l’institution, l’absence de concentration, demandent et 

favorisent une plus grande prise en charge par les  familles, et par là même, une meilleure 

intégration des patients . 

Bien entendu, le profil des familles d’accueil évolue. Le nouveau recrutement voit arriver des 

femmes plus jeunes, ayant souvent une expérience professionnelle. Elles considèrent l’accueil 

des patients comme un réel travail et non plus comme un simple appoint financier. Des 

hommes également en «recherche d’emploi», s’avèrent de bons accueillants. 

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Dans cette démarche de mise en conformité, les personnels se sont sentis partie prenante

Des groupes de réflexion ont été constitués, le travail de deux de ces groupes a débouché, 

  pour l’un , sur un document de liaison : Familles d’accueil / équipe soignante; 

  pour l’autre, sur une réflexion élaborée dont a pu largement s’inspirer le programme 

de formation évoqué ci-dessus. 

C’est dans ce climat d’effervescence que commence le travail d’élaboration du projet 

d’établissement. Pris entre le désir d’évolution, et la peur du changement, les agents 

expriment des craintes : 

 Craintes de ne pouvoir bouger un dispositif aussi lourd . 

 Craintes, devant la nécessaire diminution du nombre de places en accueil . 

 Craintes de voir avec ces places, disparaître des postes. 

Des réticences aussi, plus ou moins clairement exprimées, par rapport aux projets de sorties 

de certains patients. Le propos des soignants rejoignant alors celui des familles d’accueil : « il 

est là depuis si longtemps, il ne pose pas de problème, il est bien …… ». 

Mais la «machine à avancer» est en route, et les plus réservés sont entraînés par les plus 

motivés. 

3. L’accueil familial thérapeutique 

 

 

Quand il faut passer de la mise en conformité du dispositif d’accueil familial à son adaptation 

à des modes de prises en charge nouveaux, les personnels s’engagent avec le médecin 

responsable dans un travail de recherche, de réflexions   : 

 Ainay a un rôle à jouer pour les patients qui ne sont pas de son 

secteur, 

 Mais ce rôle ne peut pas être celui que le système  psychiatrique  lui 

a fait jouer. 

 Ce rôle qu’il a accepté de jouer pendant trop longtemps.  

Eliminer les mauvaises raisons de venir à Ainay, en trouver des bonnes. 

Sont définies alors, les modalités de l’Accueil Familial Thérapeutique Temporaire. L’intitulé 

est essentiel, il dit en clair : Ainay ne prend pas vos malades de façon définitive. Il ne vous 

libère plus de vos échecs ! 

En fait la contradiction entre Accueil à Ainay et secteur, n’est peut-être pas si évidente. 

Entre une nécessaire proximité souvent, et un indispensable recul, parfois. Tout est 

affaire de distance, d’appréciation de la bonne distance. 

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C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Plusieurs raisons, en effet, peuvent justifier l’éloignement d’un patient de son secteur 

d’origine : 

 Ce secteur n’offre pas la structure, le mode de prise en charge qui répond aux besoins 

du patient. 

 Il faut rompre provisoirement ou définitivement avec un milieu qui s’avère pathogène; 

 La proximité du lieu d’émergence de la maladie rend certaines difficultés 

insurmontables.. 

L’accueil d’Ainay se situe donc à ce niveau. Sa structure se présente en quelque sorte comme 

un prestataire de services pour d’autres institutions. Il offre une parenthèse dans la 

trajectoire du patient, une prise en charge spécifique et définie pour un temps précis. 

La durée de l’accueil, six mois à un an, posée à l’avance avec l’équipe d’origine, est proposée 

pour  des objectifs précis  :  Ce peut être : 

 Evaluation : par la mise en situation du patient, cet accueil permet de recueillir des 

éléments pour l’élaboration d’un projet. L’évaluation porte sur le degré d’autonomie, les 

possibilités d’insertion sociale, les capacités d’intégration dans un réseau affectif de type 

familial. 

 Stimulation : L’accueil est alors associé à une prise en charge stimulante, de type 

ergothérapique qui impose des éléments contraignants de réalité dans un but structurant. 

Cela a pu être également : 

 Rupture : un séjour de 15 jours minimum, pouvant se répéter, permet de faire la 

coupure avec un milieu habituel, soit qu’il soit provisoirement défavorable au patient, soit 

que ce lieu ait besoin d’un relais.  

Ainsi, dès lors qu’il y a un projet pour le patient, que l’accueil le relaie un temps donné. Il n’y a 

pas rupture avec le secteur d’origine.  Le lien avec la famille, quand, il existe, et n’est pas 

pathogène, est maintenu. 

L’A.F.T d’Ainay se trouve inclus dans un réseau de soins coordonnés. 

Il ne se situe pas en opposition avec l’Accueil Familial de proximité, mais comme une autre 

possibilité, un outil de soins supplémentaire, complémentaire. 

 

Les changements ont amené une nouvelle organisation. S’impose une nouvelle définition des 

places et rôles de chacun. 

La fonction d’hébergement que se contentaient d’exercer auparavant les familles d’accueil 

est dépassée. Elles réalisent dorénavant un accueil et un accompagnement des patients. 

Leur action se situe sur le plan des actes de la vie quotidienne. Elles participent ainsi à la 

mise en œuvre du projet thérapeutique et prennent de plus en plus en charge, ces tâches  

dites «  matérielles ». Tâches dénoncées précédemment par les infirmiers, comme n’étant pas 

de leur fonction. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 9 

C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Certains infirmiers, auraient, effectivement, souhaité voir lister les tâches relevant du rôle 

des familles d’accueil et celles leur revenant. 

 D’autre parfois, les mêmes, après s’être plaints de voir leur temps «mangé» par des tâches 

jugées annexes, appréhendaient en les perdant, de se retrouver dans une fonction soignante 

libérée, mais non organisée. 

Le positionnement par rapport au patient est essentiel: quitter les « rôles » infirmier ou 

famille pour se demander ensemble ce qui est préférable pour le patient. 

Ce patient, pas un autre et, ce patient dans ce temps précis.  

Pas de règle de répartition donc, mais un questionnement systématique. 

Accompagner un patient pour un achat de vêtement n’est pas  en soi,  du domaine infirmier, ni 

du domaine famille d’accueil. C’est le patient, son autonomie, ses besoins propres, ses 

difficultés, son degré d’évolution au moment donné qui détermine. 

Ce nouvel accueil familial voit arriver des patients présentant des pathologies plus actives et 

demandant des prises en charge plus élaborées. Venant des départements proches, ils sont 

prioritaires, ou de la région Ile de France, c’est chaque année depuis 1995, entre 20  et 50 

patients qui ont été accueillis à ce titre. 

Chaque admission répond à un protocole défini, comprenant, notamment,  une consultation 

préalable, avec rencontre des équipes 

 

Dans l’accueil familial thérapeutique, la partition se joue toujours à trois. Chaque acteur 

jouant un rôle qui lui est propre : 

 Le patient avec son histoire, son vécu familial, sa pathologie. Mais également ses 

attentes, ses projets. 

 La famille d’accueil, dans sa composition, son environnement social, géographique, sa 

manière d’être. 

 L’équipe soignante avec derrière elle l’institution hospitalière, sa culture, son projet. 

Equipe dont le maillon avancé est l’infirmier. 

Différents types de  relation vont s’établir :  

 

 Entre le patient et l’équipe, relation de soignant à soigné dans le cadre d’une prise en 

charge thérapeutique. Relation d’aide et de soutien, d’encadrement d’activités spécifiques. 

 Entre le patient et la famille d’accueil, relation structurante qui s’établit au 

quotidien en utilisant l’entourage et le milieu. 

 Entre l’équipe et la famille d’accueil. Relation, par et pour le patient. Relation qui 

tourne autour de lui dans l’échange d’informations, d’impressions, de ressentis. Relation 

d’aide, d’explication, de soutien. 

Dans cette relation triangulaire, un certain nombre de choses peuvent être programmées, 

organisées dans le cadre  du projet thérapeutique. 

Des fonctionnements pressentis, envisagés. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 10 

C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Mais une part échappe toujours à l’équipe de ce qui va se jouer entre le patient et la famille 

d’accueil : 

 

 De ce qui va se jouer pour le patient. 

 

 De ce qui va se jouer pour la famille d’accueil. 

 

  

Certains éléments parfois pourront être «récupérés», «réinjectés». 

L’équipe, cependant, pour jouer le jeu de l’accueil familial thérapeutique doit accepter de se 

départir d’un certain savoir. 

Tout en accompagnant, elle doit accepter qu’un certain nombre de choses se passent : 

Qui la dépassent. 

 

 

 

 

 

Ce qui est thérapeutique dans l’accueil familial, ce n’est ni la famille, ni l’équipe, mais 

l’ensemble constitué avec le patient. 

Ainay le Château possédait les éléments mais semblait ne pouvoir réaliser la synergie. 

 

De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique, il aura fallu passer par la mise 

en conformité. 

Cet apport de la réglementation fut essentiel. Il permit d’opposer, et parfois imposer des 

références à un système particulièrement lourd. 

Cependant les textes à eux seul n’auraient pu suffire, s’il n’y avait eu un désir et une volonté 

convergente à l’intérieur de l’institution, des différents acteurs : Médecins, administratifs, 

personnels. 

Sur des bases clarifiées, le Centre Hospitalier d’Ainay continue de mettre en œuvre une 

réelle politique de soins. Il sait qu’au-delà de l’accès à la légalité que lui a conféré le respect 

des textes, sa légitimité repose sur la place qui doit lui être reconnue dans le dispositif de 

Santé Mentale en raison des prises en charge originales et de qualité qu’il peut offrir. 

 

Je vous remercie. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 11 

C. Grolleau-Vallet. De la colonie familiale à l’accueil familial thérapeutique 

Les difficultés à envisager seul les actes  

nécessaires à la survie sociale, 

L’inhibition, la  passivité, le  ressenti d’incohérence 

rendent les initiatives rares et  

les apports sociaux difficiles 

      

PATIENT 

Son histoire, son itinéraire 

Son passé institutionnel 

La pathologie 

Les troubles 

C.H.S. AINAY le CHATEAU 

Le soin, la prise 

 en charge  

thérapeutique  

réduit les symptômes. 

RELATION 

THERAPEUTIQUE 

EQUIPE SOIGNANTE 

Equipe au sens lar 

FAMILLE D’ACCUEIL 

Actions simultanées et 

coordonnées 

      Evolution avec des prédominances à   

un moment donné de l’un ou de  l’autre 

Travail 

clinique 

adapté à 

chaque patient 

  Accompagnement attentif  

   composante sociale de 

  la prise en charge 

   Vers un mode de vie à la 

              mesure des possibilités 

              évolutives 

   Aide à être moins passif   

   Moins dépendant 

   Conserver ou retrouver un 

   potentiel d’autonomie

                de vie sociale 

RELATION 

STRUCTURANTE 

REHABILITANTE 

La réadaptation, la réhabilitation 

améliore les capacités du patient 

dans les actes et les gestes de la 

 vie quotidienne .  

La seule approche clinique est impuissante à aborder les questions matérielles et à fournir l’étayage qui 

permette de progresser vers une dépendance moindre. 

A l’inverse se préoccuper seulement d’accompagnement social en négligeant la pathologie peut conduire à 

une chronicisation en accueil familial. 

ACTIONS ET RELATIONS EN ACCUEIL FAMILIAL THERAPEUTIQUE 

La conjugaison des deux est essentielle. 


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Journée AFT Enfant dans l'Essonne - 16/4/2019

En France 70.000 enfants bénéficient d’un des dispositifs d’Accueil Familial. Développé en pédopsychiatrie depuis plus de 50 ans, la déclinaison thérapeutique de cette pratique - dont bénéficient près de 1.000 enfants - a été conçue pour soigner des troubles précoces et sévères de la relation enfant-parents et leurs conséquences. 

Dans l’Essonne, les dispositifs de l’UAFT (Unités d’accueil familial thérapeutique d’Etampes, de Savigny-sur-Orge, de Ste Geneviève-des-Bois, …), déployés dans les secteurs de pédopsychiatrie, ont acquis une expérience clinique spécifique.

Le 16 avril prochain, à l’EPS Barthélémy Durand Etampes (cf affiche), seront exposés les aspects cliniques et théoriques de ces pratiques de soin, des chercheurs présenteront leurs études, et les patients, parents et familles d’accueil témoigneront de leur expérience. Des outils pédagogiques innovants montreront la complexité des situations rencontrées. Pour prolonger les moments d’échanges lors de la pause déjeuner, les organisateurs offriront un buffet.

Nous espérons que vous viendrez nombreux à cette Journée d’étude interprofessionnelle qui associera les acteurs des  champs sanitaire (pédopsychiatrie et psychiatrie adultes), médico-social, protection de l’enfance, justice des mineurs, éducation nationale, associations …

Le Programme détaillé de la Journée sera diffusé prochainement.

Cette Journée entre dans le cadre de la Formation continue et elle est gratuite.

Pour l’INSCRIPTION : contacter laure.boyer@eps-etampes.fr  :

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N° de Formation Continue : 1175 25 55 675 
N° SIRET : 41420497400029 – CODE APE : 913

OGDPC: n° d'enregistrement organisme: 2775

 

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