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​Cette rubrique regroupe des textes, articles, travaux de recherche... rédigés par des personnes impliquées dans l'accueil familial, social ou thérapeutique, en France ou ailleurs.

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6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 1 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Gianfranco ALUFFI 

Psychologue clinicien 

Coordinateur du service d’AFT du DSM 5 b ASL 5 Région Piémont 

Université de Turin 

 

Placement familial et soins en Italie 

La loi 180 du 1978, a sanctionné la clôture des hôpitaux psychiatriques en Italie et la 

naissance renforcée des agences territoriales d’une psychiatrie du territoire. 

Le Département de Santé Mentale Universitaire 5 B – Hôpital San Luigi Gonzaga/ ASL 5 de 

Collegno ( Région Piémont), a réalisé le franchissement et la fermeture définitive de l’Hôpital 

“ La Certosa de Collegno”, considéré l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques d’Italie et 

probablement d’Europe.  

Aujourd’hui, après des années d’expérimentation et attentive vérification, le DSM 5B peut 

compter sur un réseau complet de services et d’offres résidentielles alternatives aux 

résidences hospitalières, parmi lesquels on signale le Service IESA pour l’Accueil Familial 

Thérapeutique.  

1. Un peu d’histoire 

Après la loi du 14-02-1904 sur les asiles et les aliénés qui mentionnait la possibilité de “soin 

dans une maison privée”, c’est le décret n. 615 de 1909 qui réglementa ce qui, pour la 

psychiatrie italienne de l’époque, sur la vague d’enthousiasme suscitée par les expériences 

belges, françaises, écossaises et allemandes, représenta un pari intéressant: l’accueil familial 

thérapeutique d’adultes. L’exigence de fonder un tel service avait pour origine la situation 

extrême dans la quelle se trouvaient les asiles italiens, réduits à des récipients prêts à 

éclater en raison de la surpopulation. De plus, les coûts de gestion des établissements 

représentaient pour les provinces une charge excessive souvent insoutenable. 

Serafino Biffi, pionnier du “patronage hétérofamilial”en Italie, le désignait en 1854 comme 

adapte pour les aliénés qui ne pouvaient pas jouir des “habitudes monotones” caractérisant les 

journées des reclus dans les asiles. Impressionné par une visite à  Geel, Biffi y voyait un lieu 

où pouvait être mise efficacement en place la “vraie cure morale” qui consistait à “tolérer 

avec patience l’agitation du maniaque, et a éduquer avec amour le pauvre idiot, en entourant 

tous les malades de calme et d’affectueux ménagements, en leur montrant des exemples 

d’ordre et de diligence, en leur assurant une tutelle paternelle, sachant se taire à temps et à 

temps s’adressant à leur coeur, parfois en les distrayant ou alors en les laissant en paix 

éclater de chagrin”.  

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 2 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Il souligna qu’une visite à Geel “aurait modifié grandement l’opinion des gens qui croyaient qu’il 

n’y avait rien de mieux à offrir à un fou que l’asile”, et que, si les progrès scientifiques avaient 

élevé les aliénés à la dignité d’infirmes, la colonie belge lui semblait destinée, avec les 

réformes adéquates, à les rapprocher des conditions sociales ordinaires.  

En 1878, le professeur Verga, même s’il pensait que le meilleur soin relevait d’un asile bien 

organisé, voyait des bénéfices possibles à confier certains malades à la garde de familles. Le 

modèle d’accueil familial qu’il soutenait, et qu’il exhortait ses collègues à appliquer comme 

élargissement du système asilaire, s’inspirait de Geel, avec de légères modifications. 

Le ferrarrais Cappelletti soutenait un modèle proche du système écossais, appliqué à cette 

époque en Allemagne à Dalldorf et à Herzberg, sur les bases suivantes: 

ne pas confier les malades traversant une phase aiguë (“…l’avantage de la liberté en 

famille sera bien plus profitable si le malade a déjà senti le malaise de l’internement dans 

l’asile”); 

les colonies comme Geel sont trop éloignées du lieu de provenance. Il faut de petites 

colonies à proximité des asiles, alimentées seulement par les malades déplacés par chaque 

institution”. Selon lui, les critiques au traitement en famille étaient émises par des 

médecins travaillant dans les asiles publics ou privés, au nom de leur intérêt et de leur 

éducation. 

Giulio Cesare Ferrari, directeur de l’asile d’Imola et pionnier de la psychologie italienne, 

soutenait le patronage hétérofamilial car “l’aliéné doit retourner à la famille pour reconquérir 

la dignité de l’Homme” puisque “bien que modérée, la limitation de la liberté n’en reste pas 

moins une limitation du Moi conscient, qui en a toujours à souffrir”. Fin 1800, son attitude 

peut être considérée comme révolutionnaire. In effet, il écrivit que “l’existence des asiles 

détermina fatalement l’idée de la dangerosité des aliénés”, et que “on arriva très tôt à 

l’impossibilité de séparer l’idée de l’aliéné de l’idée de l’asile”, provoquant l’abondance 

excessive d’asiles dont “l’existence réclame les malades qui, autrement, pourraient être 

tolérés libres”. 

S’inspirant du modèle français (Dun-sur-Auron, Ainay-le-Château), il proposait les régions 

abandonnées pour l’installation des futures colonies. Des couples d’infirmiers expressément 

envoyés sur place étaient engagés pour l’assistance aux malades, et la colonie devait se 

détacher, sur le plan sanitaire et administratif, de l’asile qui l’avait engendrée. 

Contrairement aux pratiques de Geel, il excluait les paralytiques, “sales”, impotents, 

alcooliques, impulsifs, agités, mélancoliques. Quant aux autres pathologies, il ne se basait pas 

sur le contenu des délires mais sur le comportement du malade face à ceux-ci. Enfin, il situait 

la limite de développement d’une colonie à 400 accueils familiaux. 

Bien que le débat portait sur l’assistance familiale appelée “patronage hétérofamilial” et ses 

différents modèles, en Italie, la pratique la plus répandue était la “garde privée 

homofamiliale”. Presque à l’unisson, les spécialistes se rangèrent contre cette forme de 

résidence pour les malades pour les raisons suivantes: 

la famille n’a pas l’autorité sur le malade pour le contenir et lui donner une discipline; 

les familles biologiques ne sont pas sélectionnées; 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 3 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

les familles concernées étant pauvres, le subside versé pour l’assistance constitue leur 

seule source de gain. Le “monnayage” de la pathologie peut indirectement provoquer la 

chronicisation du trouble en transformant les disgrâces en ressource économique. De son 

côté, la famille d’accueil peut toujours compter, à la fin d’un accueil, sur l’arrivée d’un 

nouvel hôte. 

Le professeur Augusto Tamburini, directeur de l’asile de Reggio d’Emilie, père du patronage 

hétérofamilial italien, définit la garde privée homofamiliale comme un système utile seulement 

à de “déplorables spéculations”. Au contraire, il plaida la cause de l’accueil familial 

thérapeutique, proposa une loi destinée à sa réglementation, engagea et conduisit le service le 

plus structuré et le plus durable de Patronage Hétérofamilial d’Italie: celui de Reggio d’Emilie. 

2. La diffusion d’antan 

Selon les sources ministérielles, le tableau suivant (nombre d’aliénés assistés en famille) 

montre le degré du développement de l’accueil familial (homo/hétéro) en Italie, à l’époque. 

Ville 1898 

homo+hétéro 

familial 

1902 

homofamilial 

1902 

hétérofamilial 

1902 

total 

Florence 450 800 150 950 

Reggio d’Emilie 57 48 150 68 

Modène     

Lucques 92 140 31 171 

Arezzo 50 65 - 65 

Pérouse 102 107 12 119 

Pise 50 55 - 55 

Ancône 28 35 21 56 

Pesaro 14 30 - 30 

Ascoli-Fermo 4 4 1 5 

Milan-Mombello 5 2 - 2 

Bergamo 38 36 - 36 

Cremone 41 1 - 1 

Naples - 50 - 50 

Forli 1 15 - 15 

Gênes - 2 - 2 

Turin - 5 - 5 

Sienne 80 47 33 80 

Total partiel 1012 1142 268 1710 

     

Aversa-Caserta 56 - - 56? 

Autres provinces 349 - - 349? 

Total 1417 - - 2115? 

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G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

En 1898, il y avait en Italie 1417 patients en famille, c’est à dire 4% des aliénés recensés. La 

plupart résidait donc chez leur propre famille dans le cadre de la garde privée homofamiliale. 

Les familles qui voulaient recevoir le subside pour la garde de leurs malades effectuaient une 

demande accompagnée de certificats médicaux à la direction de l’asile qui favorisait ou non 

l’assistance à domicile et la contribution économique de la Province. Dans la plupart des cas, 

l’asile ne s’occupait plus du malade, tandis que la Province continuait à supporter la charge 

financière. A Reggio d’Emilie, ce système comptait sur une surveillance par les institutions.  

Même le système de garde privée hétérofamiliale qui, à Florence en 1902, comptait 150 

accueils réussis, n’était pas réglé par des normes précises. Mis à part le fait qu’il s’agissait 

d’une famille différente de la famille d’origine, le fonctionnement était le même que dans la 

version homofamiliale. Ce type d’expériences existait aussi à Ancône et à Pérouse.  

La littérature désigne le modèle de Reggio d’Emilie comme le système de patronage 

hétérofamilial le plus fonctionnel et le plus efficace: 

les accueillants recevaient un infirmier de l’asile pour garantir une expérience dans la 

relation avec les gens atteints de troubles mentaux. Ce système est qualifié de semi- 

professionnel; 

le domicile des familles devait être à proximité de l’asile, pour faciliter les visites à 

domicile du personnel et favoriser la surveillance; 

avant de placer un malade, on vérifiait les conditions d’hygiène de l’habitation; 

des normes de logement, de couvert, de traitement moral et physique du patient 

étaient imposées. Le chef de famille signait une déclaration de prise de responsabilité. 

Chez chaque famille, un registre mentionnait les frais engagés pour l’hôte et les contrôles 

à domicile réalisés; 

la famille recevait un trousseau, au besoin, un lit et du linge, logeait au plus deux 

patients; 

la somme journalière affectée par les provinces à l’asile, et attribuée par celui-ci à la 

famille, était de 1,25 lire en 1902 (presque le double de celle accordée pour la garde 

domestique); 

les patients accueillis dans les familles pouvaient compter sur une vigilance médicale 

assidue, et étaient invités à participer aux activités récréatives de l’asile (fêtes, 

spectacles…). 

Les premiers bénéficiaires étaient des femmes chroniques, tranquilles et propres, d’âge mûr. 

Puis, le système a été étendu aux hommes et à d’autres pathologies.  

Les malades étaient satisfaits. Entre eux et les familles s’établissaient de bonnes relations 

affectives; ils se sentaient utiles puisqu’ils collaboraient aux travaux et recevaient une 

rétribution.  

Pour Tamburini, les postulats de travail étaient une attention maximale dans la sélection des 

patients et des familles, une surveillance étroite par le personnel de l’asile, un règlement 

précis et détaillé. Il avait pensé appeler le système de Reggio d’Emile: Système Village Extra 

Asilaire ou Extension Coloniale de l’Asile. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 5 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

En quatre ans, le service est parvenu à 33 accueils. Six ont abouti au retour chez eux des 

patients améliorés considérablement; six  à l’internement dans un asile. Fin 1917, il atteignait 

le chiffre considérable de 90 hôtes (71 femmes et 19 hommes). En 1929, il était encore 

considéré comme une solution d’hébergement pour des “déplacés” tranquilles et inoffensifs. Il 

s’est éteint début 1970 pour des raisons liées au bouleversement social de la seconde moitié 

du siècle (clivage de la culture paysanne, forte urbanisation, évolution de l’institution 

familiale).  

L’expérience de Lucques, pilotée par le docteur Cristiani, présentait beaucoup d’analogies avec 

celle de Reggio, et dans les trois premières années, elle totalisa 31 accueils. Se posèrent alors 

des problèmes avec l’Oeuvre Pieuse qui gérait l’asile car, à mesure que les déplacements 

augmentaient, elle voyait diminuer le nombre des pensions sur lesquelles elle pouvait compter. 

Le modèle d’Imola, mise en oeuvre par Ferrari, utilisait le patronage hétérofamilial, non pour 

évacuer les asiles, mais comme instrument de soin et de réhabilitation du patient. 

Généralement, un membre de la famille devait être infirmier professionnel. 

Par contre, à Nocera, selon le docteur Ventra, l’expérience se révéla ruineuse puisque les 

familles, en l’absence de contrôle, abandonnaient le fou et encaissaient seulement le subside. 

3. La situation actuelle 

Actuellement, l’accueil familial pour des personnes suivies par les services psychiatriques 

existe dans des situations particulières, rares, de manière éparse sur le territoire, non 

quantifiées, souvent improvisées et non référées à un modèle spécifique. 

Dans ces dernières années, comme on peut le voir sur les tableaux, les services qui travaillent 

selon cette modalité se sont multipliés en passant de 11 du 1999 aux 24 du fin 2002. Les 

raisons de cette expansion nous parlent d’un travaille minutieux de divulgation et de 

formation mené par le service IESA en Italie et couronné par la réalisation de deux congrès 

nationaux (Turin - Lucques), non seulement d’un livre mais de beaucoup de publications.  

Situation 1999 

Asl 5 Dsm 5b Collegno Piemonte 

Asl 8 Chieri Piemonte 

Asl est Brunico Trentino Alto Adige 

Asl 2 Lucca Toscana 

Asl 5 Jesi Marche 

Asl 9 Trapani Sicilia 

Asl 1 Sassari Sardegna 

Asl 3 Nuoro Sardegna 

Asl 4 Nouro Sardegna 

Asl 6 Cagliari Sardegna 

Asl 8 Cagliari Sardegna 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 6 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Situation 2002 

De 1999 à 2002 les services suivants vont s’ajouter aux précédents. 

Dsm 5a Asl 5 Rivoli Piemonte 

Dsm Asl 7 Settimo Piemonte 

Dsm Asl 10 Pinerolo Piemonte 

Dsm Asl 19 Asti Piemonte – priv. Soc. 

Dsm Asl 10 Firenze Toscana 

Dsm Asl Pisa Toscana 

Asl Livorno Toscana 

Asl 20 Verona Veneto 

Asl 29 Monza Lombardia 

Asl 33 Rho Lombardia 

Asl 9 Treviso Veneto 

Asl Parma Emilia Romagna 

Asl Ravenna Emilia Romagna 

4. Qu’est ce que c’est le IESA? 

Par IESA, il faut entendre « insertion en accueil familial pour adultes souffrant de troubles 

psychiques », à savoir l’intégration d’une personne suivie par un service psychiatrique dans une 

famille volontaire, sélectionnée et formée sur un plan plus pratique que théorique. 

La cohabitation qui se crée ainsi pourra compter, pendant toute sa durée, sur le soutien des 

acteurs du IESA. 

Le milieu d’accueil peut être composé d’un seul membre; l’essentiel étant que l’accueillant 

dispose d’un espace suffisant, occupe un rôle clair pour remplir ses fonctions envers l’accueilli, 

ceci avec le soutien de l’équipe. 

L’objectif du IESA est de restituer à la société ces personnes qui, par une mésaventure 

clinico-existentielle, se sont trouvées en grande souffrance, souvent dans des conditions de 

solitude intense ou dans des contextes d’enfermement inadéquats et aliénants. 

L’insertion en famille d’accueil peut être répartie en trois catégories : à court, à moyen et à 

long terme. 

 

À court terme, l’intervention est focalisée sur la période de crise qui touche le patient ou son 

environnement habituel. La durée de placement varie de quelques jours à un ou deux mois 

selon qu’il s’agit de faire face à une phase aigu symptomatologique ou à un simple besoin de 

décontextualisation. Parfois, des personnes sont hospitalisées en psychiatrie alors que leur 

état ne présente pas de caractéristiques propres à justifier une telle orientation. Le motif du 

recours à l’hospitalisation relève objectivement de la faiblesse ou même de la crise du 

système dans lequel vit le patient, laquelle se répercute ponctuellement sur le plus fragile, 

autrement dit le bouc émissaire. Actuellement, très peu d’expériences d’accueil familial à 

court terme sont opérantes. Les plus significatives sont le « Crisis Home Programm » du 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 7 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

comté de Dane aux Etats-Unis créé en 1987, et les « Crisis Farm » éparpillées sur le 

territoire piémontais et gérées par la coopérative sociale « Alice nello specchio » de Turin et 

il y a quelques mois j’ai connu la situation de Lille. Depuis quelques mois, en collaboration avec 

l’Université de Turin et la coopérative sociale « Progest », nous travaillons aussi à un projet 

d’accueil familial à court terme et à temps partiel qui viendrait compléter l’accueil familial à 

moyen et à long terme existent depuis 1999. 

La particularité de ce type d’interventions réside dans le processus de décontextualisation 

environnementale souvent très utile pour surmonter les moments difficiles. Réaliser le 

placement dans un cadre familial et familier, et non dans un cadre hospitalier, facilite et rend 

moins dramatique la période de crise pour le sujet. Ce point est confirmé par Russel Bennet, 

responsable du «Crisis Home Programm » qui soutient que de nombreux patients ainsi pris en 

charge se rendent spontanément au service pour demander à être accueillis dans une famille 

lors d’une période de crise. On est loin des drames qui caractérisent nombreux de placements 

en hôpital psychiatrique, en particulier lors des hospitalisations à la demande d’un tiers. 

Le traitement des périodes de crises par l’accueil familial à court terme nécessite une 

excellente communication entre les médecins, les infirmiers, les intervenants médico-sociaux, 

l’équipe IESA et les accueillants. 

 

À moyen terme, l’intervention consiste en une phase utilitaire dans l’objectif d’une 

réhabilitation. On présume que le sujet est capable, dans un délai inférieur à deux ans, de 

retrouver une autonomie suffisante pour vivre dans un logement protégé ou dans sa propre 

maison. Ces programmes s’adressent généralement à des personnes jeunes et employées dans 

des activités professionnelles de réinsertion, ou réhabilitées dans ou en dehors des circuits 

psychiatriques. Cette formule demande un travail de synergie entre les agences, c’est-à-dire 

entre les diverses équipes du département de santé mentale sur le territoire : par exemple, 

assistants sociaux, psychiatres, groupes thérapeutiques que le patient continue à fréquenter. 

Elle se pose en alternative aux structures fermées dans lesquelles la réhabilitation est 

souvent compromise, ne serait-ce qu’au niveau structurel. Avec l’accueil familial à moyen 

terme, le sujet expérimente des relations sociales « normales » et s’émancipe de son rôle de 

patient. La famille d’accueil joue le rôle de nid protecteur lors des phases critiques du 

parcours d’autonomisation. Son travail exige une grande souplesse afin de moduler le niveau 

de protection assurée en fonction des besoins de l’accueilli. En ce sens, l’intervenant du IESA 

assume un rôle déterminant de soutien et de supervision quant à la dynamique de la relation 

famille d’accueil – accueilli. 

L’accueil familial à long terme est d’une durée supérieure à 2 ans. Il vise davantage des 

personnes dont l’âge, les difficultés psychiques et physiques et les besoins d’assistance, ne 

permettent pas d’envisager le retour à la société dans un lieu moins protégé. Or, les familles 

d’accueil se révèlent parfois des espaces dans lesquels une fonction significative s’acquiert à 

nouveau : des personnes âgées retrouvent le rôle de grands-parents « adoptifs » avec tous les 

effets affectifs et relationnels ainsi engendrés, d’autres récupèrent sur le plan social et sur 

celui des gestes du quotidien. De telles relations sont préservées jusqu’au décès de la 

personne afin de lui éviter d’inopportunes et dommageables, voire de fatales successions 

d’hospitalisations. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 8 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Ces dernières années, l’intérêt pour l’insertion en famille d’accueil s’est développé, en 

particulier dans les services psychiatriques et gériatriques. On doit ce développement à 

l’efficacité thérapeutico-réhabilitative offerte à moindre coût. Pourtant, l’expérience nous 

enseigne qu’un accueil familial fondé sur la seule dimension économique est une mauvaise 

solution, et que cette pratique exige une grande vigilance quant à la sélection et à la 

formation des futurs accueillants.  

Mais c’est en fait la compétence de l’intervenant qui rend possible l’alchimie transformant le 

social de lieu d’exclusions en espace thérapeutique. L’élément central est la famille d’accueil, 

véritable creuset de vie, d’expérience et de croissance protégée au sein d’un environnement 

social de plus en plus complexe. L’accueil familial, avec ses relations dynamiques et ses figures 

d’identification et d’attachement, est un lieu d’intégration et d’affection qui rend possible le 

retour à la vie sociale, à un rôle et à une identité nouvelle. Le patient du service de 

psychiatrie, le résidant de la clinique redevient un citoyen avec une vie privée, son nom sur 

une boîte aux lettres et sur la sonnette d’une maison, des personnes de référence qui ne sont 

plus des professionnels de la psychiatrie inévitablement vecteurs de relations asymétriques 

et artificielles.  

Parallèlement à cette conquête des libertés et droits bafoués dans les institutions 

totalitaires, se produisent des retrouvailles avec des mécanismes de développement 

psychologique dont les familles d’accueil sont le support idéal. S’expérimente pour la seconde 

fois (et l’on espère ne pas faillir cette fois) la séparation d’avec les images parentales 

permettant l’individuation. À ce propos, je trouve approprié le terme « nachreifung », « post- 

maturation » en français, du Dr Konrad, de Ravensburg, pour illustrer le processus de l’accueil 

familial comme seconde chance pour que le sujet puisse se retrouver, se « frotter » de 

nouveau à la vie, penser que tout n’est pas perdu, soustraire son destin à la catégorie des 

patients chroniques, mesure assez fidèle de l’inadéquation thérapeutique de l’approche 

psychiatrique classique au regard du malaise psychique. 

Au moins au niveau théorique, la référence dominante est le modèle socio-psycho-biologique, 

ou en changeant l’ordre des mots mais pas leur prégnance, bio-psycho-sociale. Un tel modèle 

indique très clairement les circuits dans lesquels se manifestent les changements dans l’action 

d’un processus de guérison.  

L’attention portée à une seule de ces trois composantes caractérise les institutions 

psychiatriques, lesquelles entendent la thérapeutique comme une intervention exclusivement 

axée sur le malaise biologique du patient. Sans vouloir aucunement éliminer les hospitalisations 

longues, il faut reconnaître que ces solutions, caractérisées par des coûts de gestion élevés et 

des résultats modestes, portent en elles les traces de la culture asilaire incarnée par la 

concentration massive des sujets en souffrance et par leur mise à l’écart du monde et des 

soi-disant sains d’esprit. 

La personne souffrante se trouve donc souvent être l’objet de thérapies exclusivement 

médicamenteuses, sans effets ou inhibantes, dans des contextes aliénés et aliénants qui ne 

prennent pas en considération, ou alors de manière inadaptée ou improductive, le versant 

psychologique et social de l’intervention thérapeutique de réhabilitation. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 9 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Il serait intéressant d’ouvrir le débat sur les raisons de cette dérive en faveur du versant 

biologique, sur le dogmatisme avec laquelle la psychiatrie regarde cet inefficace déséquilibre 

d’approche, et sur les coûts sociaux ainsi engendrés. Qui en tire avantage ? Certes pas les 

patients ! On notera que la formation des professionnels est validée par la diffusion des 

résultats d’une recherche scientifique toujours plus au service de qui la finance, toujours 

moins objective, s’attachant encore moins au bien-être des sujets traités. Une recherche en 

priorité orientée vers des objets d’étude commercialisables à grande échelle, avant tout en 

mesure de générer des profits. Du reste, il est désormais évident que l’espace réservé à la 

dignité et au respect de la personne humaine se restreint dans un système dominé par l’argent 

dans lequel, si l’on est atteint d’une maladie rare, on risque de ne pas trouver le traitement 

car l’entreprise a interrompu la production en raison des faibles ventes réalisées. 

4. Le service IESA du département de santé mentale 5b du Piemont 

On va parler maintenant du fonctionnement concret de notre programme pour l’accueil familial 

thérapeutique. Le service IESA, projet préparé pendant un an avant de devenir opérationnel 

en décembre 1998, est une expérience pilote aux niveaux national et international étant 

donné le cadre à partir duquel il fonctionne, à savoir le Département de Santé Mentale, et non 

un hôpital psychiatrique comme dans la plupart des pays. Cette différence substantielle fait 

contrepoids entre un modèle centré sur les hôpitaux, les cliniques ou les asiles et un modèle 

déconstitutionnaliser qui prend en compte le malaise psychique dans le cadre de l’intervention 

territoriale. D’où l’originalité et la valeur innovante de l’expérience. 

L’activité est encadrée par des lois « guides » et par un contrat signé au début de la période 

d’essai par la famille d’accueil, le patient et le Département de Santé Mentale (DSM). Un 

règlement définit les bénéficiaires du programme, les organisateurs, le personnel, les 

prestations du DSM, les modalités de remboursement des frais d’accueil et les assurances. 

La famille reçoit 930 euros par mois par l’accueilli. Le DSM, lorsque c’est nécessaire, aide 

l’accueilli afin qu’il dispose d’environ 150 euros par mois pour ses dépenses personnelles et de 

930 euros (comme rembourse pour la famille). 

L’accueil familial d’une personne revient donc à environ 1 080 euros par mois, auxquels il 

convient d’ajouter les coûts d’organisation administrative et de suivi thérapeutique. Au total, 

le coût mensuel maximum d’un accueil familial s’élève à 2 300 euros. 

Le service IESA est composé d’un coordinateur et d’un certain nombre d’intervenants 

(counsellors) variant selon le nombre d’accueils familiaux suivis, sur la base d’un intervenant 

pour 10 accueillis. L’équipe doit, par ailleurs, compter sur l’indispensable instrument de 

supervision hebdomadaire des dynamiques relationnelles familiales. Concernant l’activité 

ambulatoire des infirmiers ou éducateurs auprès de l’accueilli, elle est progressivement 

reprise par l’intervenant IESA chargé de l’accueilli et de la famille d’accueil pour toute la 

durée de leur cohabitation. L’accueilli peut continuer à bénéficier de structures (telles que le 

centre de jour, l’intervention des assistants sociaux départementaux et autres) ceux-ci 

travaillant en synergie avec le coordinateur et l’intervenant du IESA tout comme les services 

territoriaux, psychiatriques ou non. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 10 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

Les familles, après avoir suivi le parcours de sélection et de formation, sont rentrées dans 

une banque de données dans laquelle elles peuvent rester longtemps, parfois plus de 2 ans, 

avant d’accueillir un patient. Cette longue période d’attente s’inscrit dans la philosophie du 

IESA qui tend à éviter la systématisation pour privilégier la « bonne famille » pour le « bon 

patient » afin de favoriser une « bonne cohabitation». Il arrive que cette période d’attente se 

transforme en désistement pour des familles dont les conditions de vie ont évolué, les 

rendant moins favorables à l’accueil à domicile. 

Les motivations des candidats sont fortement déterminées par un besoin d’intégration 

économique. Il est rare d’avoir affaire à des familles d’accueil en grandes difficultés 

financières même si, ces derniers temps, on constate une augmentation de l’intérêt de 

familles au chômage, sans chambre pour le patient, voire sans autorisation de séjour sur le 

territoire. L’existence d’une chambre à usage exclusif de l’accueilli étant la condition sine qua 

non pour poser sa candidature, nous sommes amenés à cesser le travail de sélection de 

familles qui présentent pourtant de bonnes dispositions. 

La famille du patient, lorsqu’elle est présente, n’est pas a priori exclue du projet 

thérapeutique. Mieux, elle est l’objet d’une attente particulière afin qu’elle se transforme en 

ressource et non en obstacle. À travers l’information quant à l’existence du service et quant 

au projet que l’on souhaite actualiser avec la famille du patient, il arrive souvent que celle-ci 

rétablisse un contact avec lui et communique des informations utiles sur son passé. 

La famille d’accueil, de son côté, n’étant pas impliquée émotionnellement dans l’histoire de 

l’accueilli et par ses comportements, interagit avec lui de manière spontanée. L’ambiance 

familiale type, représentée par les familles sélectionnées et habilitées à accueillir, est 

ouverte, souple, et exprime une chaleur et une affection qui ne sont pas relayées par un rôle 

professionnel. Elle est en mesure d’offrir soutien et assistance liés aux besoins de l’accueilli, 

de l’aide à programmer une journée aux conseils pour affronter les vicissitudes de la vie. Elle 

est par ailleurs insérée dans un système de relations ancré dans le tissu social. 

En fait, la famille d’accueil du IESA est un exemple de reconnaissance et de valorisation de 

l’intervention non-professionnelle en psychiatrie. Au vu des écrits scientifiques, de notre 

expérience et des échanges avec les autres services d’accueil familial existants, et au-delà de 

la dimension économique retenue par l’administration, le IESA se distingue des autres modes 

de placements psychiatriques par la meilleure qualité de vie offerte. L’accueil familial est une 

solution transitoire, basée sur une assistance permanente et non-professionnelle, en vue d’un 

parcours ultérieur non institutionnalisé. Il a en outre été constaté que les comportements 

asociaux du patient diminuent et que ses capacités relationnelles s’améliorent. Le bon 

«  monitorage » et la réduction conséquente des doses de médicaments atténuent la 

symptomatologie, diminuent les rechutes, et favorisent l’intégration de handicapés psychiques 

dans la société avec réduction de la stigmatisation et des préjugés. 

Sur un autre plan, l’application du programme IESA à grande échelle aurait un effet positif 

sur le niveau économique de familles et de célibataires. 

6ème congrès du GREPFA France, Annecy (15-16 mai 2003) 11 

G. Aluffi. Placement familial et soins en Italie 

De plus, il répond véritablement aux objectifs de la loi Basaglia (n° 180 ; 1978) qui préconisait 

la fermeture des institutions asilaires et confiait aux services territoriaux le devoir de 

trouver des solutions pour garantir aux patients déshospitalisés un hébergement et un mode 

de vie à valeur thérapeutique et réhabilitative. 

Accueils réalisés du 1/1/1999 au 1/4/2003 

 

Les patients envoyés au projet d’accueil familial thérapeutique sont 32. 

Les patients pas aptes à l’accueil sont 10 (dont 6 pour raisons cliniques et 4 pour raisons 

administratives). 

Les accueils réalisés sont de 14 et 4 en préparation. 

Les renoncements  sont au nombre de 4 (3 par le psychiatre et 1 par le patient). 

Les situations terminées sont encore 4 (1 patient est mort et 3 habitent maintenant des 

appartements supportés par les opérateurs du département de santé mentale). 

Les familles agrées et formées sont 54 (dont 17 ont abandonné le projet avant de devenir 

accueillantes à cause des longues temps d’attente). 


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Journée AFT Enfant dans l'Essonne - 16/4/2019

En France 70.000 enfants bénéficient d’un des dispositifs d’Accueil Familial. Développé en pédopsychiatrie depuis plus de 50 ans, la déclinaison thérapeutique de cette pratique - dont bénéficient près de 1.000 enfants - a été conçue pour soigner des troubles précoces et sévères de la relation enfant-parents et leurs conséquences. 

Dans l’Essonne, les dispositifs de l’UAFT (Unités d’accueil familial thérapeutique d’Etampes, de Savigny-sur-Orge, de Ste Geneviève-des-Bois, …), déployés dans les secteurs de pédopsychiatrie, ont acquis une expérience clinique spécifique.

Le 16 avril prochain, à l’EPS Barthélémy Durand Etampes (cf affiche), seront exposés les aspects cliniques et théoriques de ces pratiques de soin, des chercheurs présenteront leurs études, et les patients, parents et familles d’accueil témoigneront de leur expérience. Des outils pédagogiques innovants montreront la complexité des situations rencontrées. Pour prolonger les moments d’échanges lors de la pause déjeuner, les organisateurs offriront un buffet.

Nous espérons que vous viendrez nombreux à cette Journée d’étude interprofessionnelle qui associera les acteurs des  champs sanitaire (pédopsychiatrie et psychiatrie adultes), médico-social, protection de l’enfance, justice des mineurs, éducation nationale, associations …

Le Programme détaillé de la Journée sera diffusé prochainement.

Cette Journée entre dans le cadre de la Formation continue et elle est gratuite.

Pour l’INSCRIPTION : contacter laure.boyer@eps-etampes.fr  :

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ASSOCIATION
REGIE PAR
LA LOI DU 1er Juillet 1901
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Statuts déposés le 23/01/1992 
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N° de Formation Continue : 1175 25 55 675 
N° SIRET : 41420497400029 – CODE APE : 913

OGDPC: n° d'enregistrement organisme: 2775

 

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